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29 mai 2019

Mémoires

Il est, me semble-t-il, un âge privilégié pour la mémoire, celui où l’on a suffisamment vécu pour avoir accumulé le souvenir de beaucoup de faits et événements juste avant celui, qui hélas menace tous les humains où le cerveau, ayant trop été sollicité peut-être, refuse de continuer à protéger cette énorme masse d’information qui nous a fait et commence à, progressivement, l’effacer.

Si mon corps le supporte et si mon cerveau garde encore quelques traces, je me demande ce que je pourrais, dans vingt ans, si un jour j’atteins l’âge symbolique de 100 ans, ce que je pourrais encore raconter de ce séjour à Stockholm, et tout particulièrement, en 2041, de cette journée particulière du 29 mai 2019 car lorsque je reviens vingt ans en arrière, en 1999, je me souviens de si peu de chose. Je sais que cette année là, à peu près à cette période là, j’étais en pleine période universitaire et me trouvais à Berlin invité par l’International Book Agency pour une conférence dont je n’ai plus aucune trace, sans doute perdue dans mes multiples changements d’ordinateurs et tout ce dont je me souviens, c’est du grand hôtel type Berlin Est au confort qui me parut alors tout à fait spartiate dans lequel j’étais logé assez près de l’avenue Unter den Linden et qui me rappelait le grand hôtel Ukraina où j’étais descendu plusieurs fois à Moscou et dont je garde en mémoire de multiples anecdotes. Mais ce n’est pas le lieu ici… En dehors de mes continuelles qi-qong-méditation-marches que je pratique depuis des années au hasard des rues des villes que j’ai traversées, en dehors de celles que j’ai pratiquées pendant ces quinze jours à Stockholm, que me restera-t-il ? Rien certainement. Je garderai une image globale, une impression visuelle d’ensemble, peut-être les deux vidéos minimalistes que j’avais alors réalisées sur les jeux de l’eau, du soleil, de la lumière et du vent avec les innombrables pétales de fleurs de je ne sais quel arbre qui tombent en ce moment en neige et du jeune chien qui s’efforce de les attraper au vol. Je le souhaiterais. Rien n’est moins sûr… Je ne vous parlerai pas alors de la musique insupportable du café où, ne pouvant m’installer au soleil sur un banc d’un des multiples parcs de la ville tant le vent était à ce moment-là polaire, je me suis installé pour finir de lire Mélusine devant mon double expresso quotidien. Mais je saurai peut-être parler de cette époque de catastrophes sonores où les passants parlent à voix haute dans les rues nous imposant leurs communications les plus intimes et où, envahissant les espaces publics, interdisant au cerveau attentif de capter des ambiances plus subtiles, une musique des plus élémentaires, une sorte de pulsation sonore continue me perturbe sans cesse. Ce sera bien peu, et ce sera certainement tout.

Aujourd’hui est mon avant-dernier jour à Stockholm, je ne ferai pas l’inventaire de mon séjour. J’ai essayé de remplir mon contrat pour mes amis et, comme moi, je suis sûr qu’il ne leur en restera rien si ce n’est l’essentiel, une manifestation d’amitié.

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28 mai 2019

Aventures

En avion, en voiture, en train, en bus, à pied et même — oui — à cheval, un peu, j’ai dans ma vie parcouru le monde en tous sens et connu bien de vraies aventures dont plusieurs auraient pu faire l’objet d’un livre… Né deux ans avant la fin de la deuxième guerre mondiale j’ai joué bien trop tôt avec des armes dangereuse et vécu une adolescence de petit voyou de campagne, depuis mes seize ans, à une époque où l’on pouvait presque aller sans crainte, malgré les très différents régimes politiques qui les dirigeaient, dans n’importe quelle région de n’importe quel pays du monde, de l’extrême Orient à l’Amérique du sud, de la Finlande au Burkina Faso, à l’Ouzbékistan, l’Arménie et la Syrie, j’ai rencontré, traversé, éprouvé des situations parfois assez difficiles qui étaient parfois de vrais épreuves. J’ai connu des tremblements de terre, des éboulements de montagnes, des éruptions volcaniques, des cyclones et des tempêtes bien que le bateau n’ait pas été mon moyen de transport le plus fréquent. J’ai été transporté dans des avions où, aujourd’hui personne n’accepterait de monter, je me suis perdu dans le sud du désert algérien, rencontré des esclaves, affronté à des tempêtes de neige, joué avec les services de sécurité de diverses dictatures… Bref, ma vie fut assez active, dynamique et mouvementée pour être passionnante et pourtant je n’ai jamais eu vraiment envie de la raconter, sauf, parfois, lors d’un repas trop arrosé avec quelques intimes qui doivent d’ailleurs se dire que j’ai beaucoup d’imagination. Mais je n’ai jamais éprouvé la moindre nostalgie du passé. Je sais que tout cela m’a fait, je sais que je le porte en moi, parfois comme une richesse, parfois comme un regret mais cela a été. Il suffit, pas besoin de roman.

Je suis maintenant dans une temporalité toute autre. Certains diront que j’ai vieille — ce qui est absolument vrai — et que je suis devenu un petit bourgeois casanier. Il y a certainement un peu de tout ça dans ma façon actuelle de vivre. Pourtant je trouve autant de richesse à marcher lentement au soleil dans un paysage inconnu qu’à monter en courant le versant abrupt d’un volcan. Et ce n’est pas une question de forme physique car, comme le savent mes amis, je peux encore marcher, pédaler et nager assez longtemps : j’ai la chance que non seulement mon corps accepte et résiste mais, bien plus, qu’il l’exige. Que raconter alors dans ces presque riens non spectaculaires ? Faire un roman de riens : je n’ai pas ce génie là… Seule la poésie peut-être… Et encore…

Aujourd’hui, temps hésitant, j’ai marché, longtemps dans des rues inconnues et la chance m’a fait découvrir, pourtant, presque au cœur de la ville un minuscule quartier qui semble n’avoir pas bougé depuis plus d’un siècle avec sa petite maison et son église en bois. Puis je suis reparti vers ma piscine où, non seulement je n’ai pas, cette fois-ci, perdu le maillot que je viens d’acheter, mais où j’ai retrouvé celui que j’avais perdu la première fois. Ne me manque plus que le deuxième. Peut-être est-il déjà parti à Paris. Aimeriez-vous les aventures d’un maillot de bain ?

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27 mai 2019

Djurgärden

Aujourd’hui le ciel est resté gros gris tout le jour et la pluie s’est parfois manifestée sans conviction, pas un seul rayon de soleil. Je suis parti à pied, entre sept et huit kilomètres, avec l’intention de traverser l’île de Djurgärden. Je dois avouer que je ne suis pas allé jusqu’au bout, jusqu’à la Thielska Galleriet qui renferme paraît-il des tableaux de Münch et je me suis arrêté au port de Waldemarsudde. Cette île est en fait presque entièrement vouée à la distraction, elle porte en effet treize musées — je n’en ai visité aucun — depuis celui de la police jusqu’à celui qui renferme le fameux navire Vasa en passant par le musée Abba et le musée Viking ; de plus elle a un énorme parc de manèges appelé le Tivoli comme à Vienne et une vaste zone, Scansen, contenant un zoo, un aquarium géant, un cirque, etc…. Il y a aussi un théâtre où se produisent de nombreux chanteurs et groupes de musique mondialement connus. Cependant tout cela est noyé dans la verdure et l’effet général est plutôt celui d’un vaste parc. On y trouve aussi une zone d’habitations d’apparence très luxueuse et il semblerait d’ailleurs que la famille royale possèderait plusieurs d’entre elles. Une promenade plutôt agréable donc qui aurait gagnée à être ensoleillée mais…

Je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi quelques rares amis semblent tenir à ce vague journal trop vite écrit où j’hésite sans cesse entre la guide touristique et les impressions personnelles calquées sur mes marches au millimètre de vieillard. Je n’y rapporte même pas de souvenirs qui pourraient leur révéler quelques aspects de mon passé, j’évite assez soigneusement les réflexions qui pourraient avoir quelque aspect philosophique et je me garde de formuler des opinions sur la Suède et les suédois car je pense que mes séjours, même si en quelques jours je me sens chez moi, ne reposent que sur des observations trop courtes pour me permettre de formuler des généralités ethnographiques. Dans ces séjours, et celui-ci ne fait pas exception, j’essaie simplement de vivre dans un présent absolu : ni avant, ni après. Aussi ce qui en rendrait le mieux compte, ce serait un tracé minute à minute de mes parcours de la ville. Je trouve souvent ainsi de l’intérêt à des choses qui ne peuvent en avoir pour personne d’autre : un couple qui se sourit, un enfant qui court dans un parc, un homme qui promène quatre chiens, un pigeon qui se pose sur la tête d’une statue, des touristes français qui ne se rendent pas compte que je comprends leurs échanges, le café ou la bouteille d’eau que je m’offre ici ou là, les mots que j'essaie de comprendre à partir de mes connaissances d'autres langues… La vie donc, mais ma vie, celle qui ne se partage pas, sans événement particulier, sans anecdotes qui la pimenterait. Ma vie pas à pas, à raz de sol… Et quand il y a une anecdote : la perte stupide de mes maillots, par exemple ou le fait que j’ai brisé un lacet d’une de mes chaussures en marchant ce qui m’a obligé à un difficile bricolage de fortune, il n’y a pas vraiment là matière à récit et je n’ai ni l’envie ni le talent de les transformer en un récit épique.

Mais bon, puisque vous l’avez voulu, je vous livre cette vie, faites-en bon usage.

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26 mai 2019

Le Palais royal

Tout le jour le temps s’est joué de l’invétéré piéton que je suis alternant sans cesse fortes pluies, averses de grêle, moments ensoleillés. Heureusement j’avais emporté à Stockholm la veste cirée de marin que je m’étais achetée à Belle île en mer. Il y a en effet quelque chose de breton dans ce temps qui en quelques secondes passe de l’été à l’hiver et nous laisse sous une menace constante.

Quoi qu’il en soit, il fallait que j’achète un nouveau maillot donc direction la rue commerçante centrale car, ici, les magasins sont ouverts le dimanche. Je suis donc allé au grand magasin Adidas qui, entre autres choses, vend des maillots de bain et, surprise, j’y ai trouvé soldés les modèles que je désespérais de trouver : des slips de bain, en voie de disparition partout, mais dont il restait quelques exemplaires dont, chance, un à ma taille. Puis comme j’étais au centre, je suis allé à la place Hötorget toute proche mais là, surprise, les halles sont fermées le dimanche et donc la terrasse où j’aime prendre un café et lire quand il y a du soleil. Par contre, autre surprise, la place était presque entièrement occupée par des brocantes. J’y ai cherché des livres mais rien, bien sûr. J’ai cependant failli acheter un petit paysage allemand de la fin du dix neuvième siècle, bien encadré et vendu un prix dérisoire mais… il ne rentrait pas dans mon sac à dos et je n’ai pas voulu m’encombrer pour mon retour Nouvelle marche nez en l’air, sous la pluie, enfermé dans la capuche de ma veste. Et dans Drottningsgatan, je découvre les bains centraux dont on m’avait déjà parlé et dont, paraît-il l’intérieur est magnifique. En tous cas l’extérieur est splendide. J’ai bien un maillot mais ni bonnet ni lunettes. Je n’entre donc pas. Puis, autre surprise, plus haut dans la même rue, je tombe sur une boutique de livres anciens qui, ainsi que je le pensais, possède un beau rayon de livres français du XVIII ème siècle et du début du XIX ème. Il y a une édition du Daphnis et Chloé, de la fin du dix septième, mais à 180 euros, elle est trop chère et je ne sais pas marchander en suédois. Il y a aussi une édition de Voltaire en 36 volumes : un peu encombrant pour ma valise. Je n’achèterai donc rien…

J’essaie de rôder encore au hasard dans des rues mais la pluie est trop forte. Je me résigne à aller visiter le Palais Royal. Pour 16 € l’entrée, il n’y a rien d’intéressant à voir, j’ai l’impression d’être dans une grande brocante pompière. Certes il y a des salles immenses, des plafonds à huit ou dix mètres, des kilomètres de portraits de divers membres de la famille royale faits par des peintres sans génie, des bustes, des fauteuils, des chaises, un trône sur lequel, paraît-il, une reine donnait ses audiences. Il est si doré, si tarabiscoté que l’on dirait qu’il était destiné à un dictateur africain se voulant empereur. Même la chapelle royale est sans charme mais au moins on peut s’y asseoir et même y faire une petite sieste. Bref, excepté un beau marbre représentant Junon et Jupiter, je n’ai pas du tout aimé alors que j’adore par exemple les équilibres parfaits du château de Fontainebleau. On dirait un Versailles loupé. Déjà, de l’extérieur, je le trouvais horrible. Comment peut-on vivre là-dedans ?

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25 mai 2019

L'archipel

Aujourd’hui, étant invité par un jeune couple, je suis sorti de Stockholm pour rejoindre leur maison de campagne à environ 60 km de la ville. Un trajet d’environ une heure en bus. L’occasion de vérifier, s’il en était besoin, combien le ciel, l’eau et la terre se partagent incessamment l’espace : partout des îles plus ou moins rocheuses, partout des bras de mer ou des lacs ou des lagunes, partout des petites maisons en bois rouges ou jaunes, et au-dessus, un grand ciel, qui aujourd’hui, passait sans cesse dans toutes les nuances du gris au bleu. Leur maison est dans un petit ensemble collectif construit sur une masse rocheuse basse au milieu de la forêt et comme toujours au bord d’un bras de mer avec petite plage, pontons et nombre de bateaux. Eux mêmes ont un kayac et un bateau à rames pour la pêche. Ils sont très écolos, nous avons donc parlé un peu de la famille car ne sachant qu’acheter pour les remercier de leur invitation j’ai apporté deux peluches (ils ont un adorable petit garçon de deux ans qui commence à parler en mélangeant harmonieusement le français et le suédois et une fillette de cinq ans qui parle déjà bien les deux langues : donc, comme je ne suis pas très audacieux, peluche rose pour la fillette et bleue pour le bambin et j’ai pu constater combien ils étaient plus intéressés par les sacs d’emballage que par les peluches elles-mêmes). Mais nous avons surtout parlé de leur jardinet dont ils sont très fiers, parce que quelques fleurs qu’ils ont planté eux-mêmes poussent bien, de l’écureuil qui squatte leur maison et surtout du compost qu’ils sont en train d’essayer d’élaborer se demandant sans cesse s’ils pouvaient y déposer telle ou telle chose, une grande écorce d’arbre ou une branche de pin par exemple, et y mettant même les selles du petit garçon. Mais bon, à mon âge, peu de choses m’étonnent surtout quand je ne suis pas en France.

Ensuite promenade en famille pour aller jusqu’à leur plage, une toute petite crique, artificielle m’ont-ils dit entourée de rochers bas avec ponton et une vue magnifique sur les environs. Tous ces paysages sont très beaux, cependant, tout se ressemble un peu de telle sorte que ce qui finit par dominer c’est une impression de monotonie. Donc peu de photos. Ce qu’il y avait pourtant d’amusant, c’était, comme une sorte d’installation artistique, cinq belles tomates, soigneusement posées sur une souche d’arbre comme une offrande aux dieux du lac.

Vers dix sept heures, retour. La circulation vers Stockholm est nettement plus dense qu’à l’aller, il y a même eu quelques petits moments d’embouteillage.

Au fait, ça n’a rien à voir, mais j’ai encore perdu mon maillot de bain et je n’arrive pas à comprendre comment cela se fait. Il y a peut-être dans ceux qui fréquentent cette piscine, un collectionneur de maillots de bain de français. Je vais devoir en racheter encore un autre.

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24 mai 2019

Manifestation

Le soleil se fait un peu prier aujourd’hui et joue beaucoup avec les nuages, mes amis sont partis ce matin et je me retrouve seul face à Stockholm. Il y a des moments où la solitude a du mal à se faire oublier… Mais c’est ainsi que j’ai désormais conçu ma vie et je ne m’en plains pas.

J’ai décidé d’aller à Kungsträdesgarden d’où part la manifestation hebdomadaire pour le climat et j’ai d’abord été supris par la station de métro qui joue l’archéologie avec de fausses ruine, de faux monuments antiques, de fausses mosaïques… c’est assez kitch mais ça se laisse traverser ce qui, au fond, est le but d’une décoration du tunnel, car c’est ainsi que l’on appelle ici le métro ce qui, soit dit en passant permet de mieux comprendre l’esprit décoratif de l’ensemble des stations. En sortant du métro au hasard car je n’ai pas de raison de choisir une sortie plutôt qu’une autre, je tombe d’abord sur une église du XVII ème siècle : Saint Jakob. Comme celle de Riddar Holmen dont j’ai parlé il y a quelques jours, ce qui est frappant, c’est la présence des armoiries et la taille des pierres tombales. Naïvement, je croyais que la Suède, pays socialisant en avait fini avec l’aristocratie or je m’aperçois qu’elle est au contraire assez présente et occupe une partie non négligeable de l’espace mental de la population. Tout s’appelle Kung (king) quelque chose et de nombreux lieux historiques affichent, presque avec arrogance, des signes de la noblesse. Il est vrai que les français sont toujours restés un peu régicides et personnellement j’ai du mal à comprendre toutes ces monarchies, principautés et autres grand duchés qui sont une partie de l’Europe.

Place Kungsträdegarden (Place de la forêt ou de l’arbre du roi…) il y a foule et une grande scène attend des orateurs. C’est plutôt jeune. En attendant je prends un café dans une buvette où il faut payer un euro pour les toilettes, je vais donc, comme à mon habitude, dans un restaurant plein de monde où je passe inaperçu et où on ne me demande rien. Quand la manifestation part, elle est impressionnante. Je ne comprends rien à ce que scandent les manifestants mais une multitude de pancartes parle de «klimatet » ce que je pense inutile de traduire. Je la regarde un moment du haut d’un pont. Puis je m’en vais, à pied vers ma piscine qui n’est qu’à quelques trois petits kilomètres en empruntant selon mon habitude des rues et des parcs où je ne suis encore pas passé. Ce qui m’étonne c’est que l’on enterre encore des gens dans ces parcs publics, sans tombe visible, seuls les bouquets posés à même la terre ou quelques pierres levées qui surgissent du gazon semble indiquer qu’il y a là un défunt. Mais peut-être que je me trompe, ce ne serait pas la première fois.

 

Une bonne heure de nage très tranquille car il n’y a presque personne et j’ai un rang pour moi tout seul. Ensuite je rentre tranquillement en faisant quelques courses indispensables et en zigzagant d’une rue à l’autre car il est impossible de se perdre, ici où tout est à angles droits.

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23 mai 2019

Putain de météo

Putain de météo : hier le temps était méditerranéen, aujourd’hui il pleut et la température a chuté d’au moins quinze degrés. Or que faire dans une ville étrangère lorsqu’on n’est que de passage et que l’on a des amis en visite ?

Je les ai d’abord amené visiter ce métro de Stockholm tant vanté au point que les brochures présentent ses stations comme de vrais œuvres d’art (http://www.lasuedeenkit.se/les-5-plus-belles-stations-de-metro-de-stockholm/) ? J’en ai donc sélectionné quatre, celles que j’avais trouvé intéressantes et nous y sommes allés. Ce ne sont quand même pas des chefs d’œuvres mais, parfois, comme à Stadion ou T-Centralen un court parcours des couloirs vaut un arrêt. Tout cela nous a pris une petite heure. Ensuite nous sommes allés à l’incontournable au Gamlan Stan dont j’ai déjà parlé, la vieille ville historique pour rôder sous la pluie, nous arrêtant un moment dans un adorable petit café à l’écart des flots de touristes de la rue Västerlagattann, 3 Sven Vintappares Gränd, une toute petite rue qui fait la jonction entre Västerlagattann et Stora Nygatan : café comme d’habitude, petit gâteau… de quoi passer un bon moment à parler de nos vies respectives puis je les ai amenés voir Riddar Holmen mais sous la pluie avec le vent froid qui venait de l’archipel, cette petite île perdait tout son charme. Il n’y avait d’ailleurs personne.

Aucun de nous n’ayant envie de visiter le palais royal, aucun de nous n’ayant envie d’aller au musée national nous sommes donc retourner vers Hötorget où je leur ai fait découvrir les belles halles souterraines. Puis… puis nous avons renoncé à rentrer à pied sous la pluie et nous avons pris un taxi. J’avais déjà pris des taxis à Stockholm et je les trouvais assez bon marché car de Hötorget à la porte du lieu où je loge, il fallait compter entre 140 et 150 couronnes. Intéressant quand on sait que le ticket de métro est à 40 kr (environ 4 €) et que donc, à trois, le taxi ne coûtait guère davantage. Un chauffeur de taxi algérien, bavard, nous donnant toutes ses opinions sur la situation politique en Algérie et… à l’arrivée une addition de 280 kr et l’impression désagréable de s’être fait voler. Que faire dans ces situations qui ne sont hélas pas très rares où que ce soit dans le monde. Sur le moment nous n’avons pas réagi et d’ailleurs qu’aurions nous pu faire sinon exiger des explications et… Comme un mauvais goût dans la bouche, celui que laisse l’impression d’avoir été pris pour des imbéciles. Ce n’est évidemment pas le montant qui importe mais le fait de se trouver sans réaction dans une situation pareille. D’autant que nous n’aurions jamais pu penser que cela arriverait à Stockholm. Quand mes amis partiront ça ne m’arrivera plus car, seul, je ne prends jamais de taxi.

 

Nous avons tout de même passé six heures à rôder, discuter dans la ville. Le temps passe toujours très, trop, vite.

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22 mai 2019

Une journée à ne rien faire… ou presque

Le temps est toujours éblouissant et il fait de plus en plus chaud. Je sens qu’il va falloir que je m’achète quelques vêtements tant ce que j’ai apportés sont inadéquats. Hier soir nous sommes allés dîner avec un jeune ami de mes amis dans un restaurant vraiment suédois du côté d’Oldenplast, une cuisine agréable, du hareng très cuit avec des baies : agréable au goût et surprenant pour mes papilles blasées.

Aujourd’hui, vu le temps, nous avons décidé d’aller faire le tour de l’archipel en bateau. Il y a plein d’excursions organisées pour cela. Nous nous sommes d’abord promenés le longs des berges de Kungholmen pour rejoindre l’hôtel de ville, une espèce de bâtiment en briques qui est une vague copie de palais vénitien mais avec des décorations dorées sans grand intérêt sinon de briller au soleil et, sur la tour, une espèce de turquerie dorée également. Ce bâtiment est réputé pour ses deux salons, le bleu et le vert. Nous avons vu le bleu, une vaste fresque vaguement impressionniste qui nous a laissé de marbre. Nous ne sommes pas allé voir le vert ni monté au sommet de la tour…

Notre bateau partait de là : une heure de trajet entre diverses îles de l’archipel, entre des immeubles d’habitation, des villas, des parcs et des forêts. Tout ça très bleu et très vert, tout cela très nature. Si le moteur du bateau n’avait pas été si bruyant, nous aurions profité avec délectation d’un long moment de flottaison sur une mer impavide, mais… rien n’est jamais parfait. Une heure pour aller à Drottningholm (drottning signifie reine) un château royal en pleine nature, quelque chose comme un palais d’été avec son pavillon chinois au fond d’un parc immense. Nous avons mis pied à terre et nous sommes promenés une autre heure dans le parc sous un soleil écrasant. Nous arrêter à la buvette, près du pavillon chinois, à l’ombre des arbres d’un bosquet a été très bienvenu car il faisait vraiment très chaud et pas la moindre petite brise, on se serait cru sur la Costa Brava une après-midi de juillet. Et je n’exagère pas. D’ailleurs nous avons vu plusieurs baigneurs dans les eaux près de quelques îles de l’archipel. Est-ce un signe de réchauffement climatique ? Je ne saurais dire mais je ne m’attendais pas du tout à ça. Peu de touristes dans ce parc, si ce n’est une dizaine de moines bouddhistes. Peu de touristes sur le bateau que nous avons pris pour le retour et qui, contrairement à l’aller s’est arrêté sur plusieurs îles pour débarquer des passagers ou pour en embarquer. En fait ce bateau fait du cabotage et semble être un moyen de transport usuel pour leurs habitants plus qu’un bateau de promenade.

La journée s’est ainsi passée lente, paisible, ensoleillée et mes vieux os ont pris des réserves de vitamine D. Il paraît que j’en manque, ça tombe bien. Cette semaine je n’aurai pas à manger du foie de morue.

Tout à l’heure nous irons dîner dans un restaurant posé sur l’eau.

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21 mai 2019

Du tourisme contemplatif

Il fait toujours beau, chaud, quelques nuages, un rêve de touriste contemplatif comme je suis. J’attends mes amis pour le milieu de l’après midi. Leur présence va sûrement faire pâlir un peu la régularité de ce journal mais, qu’importe, les statistiques de site sont impitoyables qui me confirment que, chaque jour, j’ai environ cinq « lecteurs » dont deux fidèles. C’est parfait, je peux donc faire de ce journal un journal intime et l’oublier dans un coin du net comme autrefois, dans une vieille malle quelconque, dans le grenier quelconque d’une maison quelconque, le journal intime de quelque inconnu ou inconnue. Quelqu’un par hasard, si la conservation internet est assurée, tombera un jour, qui sait quand, dessus par un pur hasard et, voyant les dates sera aussi étonné que qui trouve un carnet manuscrit dans une brocante quelconque. Le contenu compte moins alors que la nostalgie. Je crains cependant — mais ça n’a pas pour moi beaucoup d’importance — que la durabilité des contenus sur le web ou même dans les mémoires de mes divers supports informatiques soit moins assurée que celle d’un ensemble apparemment fragile de feuilles de papier.

En attendant, je suis allé promener à pied jusqu’à Karlaplan, au centre d’Östermalm qui serait, paraît-il, le quartier chic de Stockholm. Pourtant rien ne le prouve. Quatre petits kilomètres avec une longue halte sur la place qui tend à devenir un de mes lieux préférés, le marché de Hötorget où je peux déguster mon double expresso et un verre d’eau en lisant quelques pages de Mélusine. C’est là une de mes régulières période de non agir. Je lis, bien sûr, mais mollement. En fait je laisse mon esprit se porter, sans but, d’un objet à l’autre prenant le soleil par tous mes pores, captant ce que je peux d’odeurs, laissant les sons des idiomes entrer par une oreille et sortir par une autre, au milieu de quelque chose comme un murmure de langues. Je vis : je suis bien et je ne suis pas contraint de me soucier des mille et une bricoles qui empuantissent ma vie en France, depuis les problèmes d’entretien de mes lieux de vie, en passant par les dégâts des eaux en attente. Je verrai plus tard. Peut-être devrais-je me débarrasser de tout.

Située devant la salle de concert, cette place est intéressante parce qu’elle est très passante avec, d’un côté, en souterrain un beau marché alimentaire où l’on peut trouver de tout et, en face les Hötorget Hallen qui est un ensemble de restaurants avec des cuisines de presque partout dans le monde à un prix raisonnable. J’ai dit d’ailleurs qu’il est presque impossible à Stockholm de payer quoi que ce soit avec du cash, la carte est reine. Or je viens de m’apercevoir qu’à chaque transaction, ma banque prélève 0,5 € de frais. Peu important lorsque l’on règle une addition de mille couronnes (environ 100 €) mais très cher lorsque l’on paye un double expresso 25 couronnes (environ 2, 5 €). Le fait que les suédois ne veulent pas de l’Euro engraisse ainsi les banques pourtant le maintient de la couronne suédoise semble absurde tant sa parité est immobile. Il faudra qu’on m’explique un jour.

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20 mai 2019

L'amitié

En fait je me demande bien pourquoi les deux amis qui m’ont demandé de tenir ce journal m’ont demandé de le faire. En quoi peut les intéresser de savoir qu’hier soir j’ai mangé un plat de spaghetti « ai frutti di mare » chez l’italien en bas de mon immeuble qui n’est pas un génie de la cuisine. Ce n’est pas tous les jours que la vie offre des événements dramatiques ou cocasses dignes de passer à la postérité. Reste le contact car l’amitié se nourrit de contact, peut-être donc… Je privilégierai cependant, pour l’instant, le contact direct et réel de ces deux autres amis suisses qui viennent ici exprès pour me voir et qui m’ont suivi dans presque toutes mes villes. Ils arrivent demain…

Aujourd’hui le temps a décidé de se remettre au beau, il a un peu hésité toute la journée, quelques nuages le perturbant de ci de là. Mais dans l’ensemble, c’est le soleil, et la chaleur, qui ont eu gain de cause. Donc promenades comme l’exigent mes routines. Le matin, vers 10 heures, après avoir travaillé trois ou quatre heures pour Erika et pris mon double expresso dans le bar voisin, je suis allé promener sur le Nort Malarstrand, il y avait déjà beaucoup de monde et les joggeurs habituels. J’ai contemplé le léger mouvement de l’eau dans les branches de ces curieux arbres qui poussent presque tous, sur toutes les berges, à l’horizontale. Une autre façon de faire le vide et de méditer, de déguster la légèreté du temps qui passe insensible comme une brise très légère. Puis, déjà bien rassasié de soleil, je suis allé à ma piscine étrenner mon nouveau maillot. Je nage lentement, très lentement même si je me compare aux vikings tatoués du gros orteil aux cheveux qui enchaînent les allers-retour dans le couloir à côté du mien mais assez vite cependant pour que la plupart des personnes du troisième ou quatrième âge respectent ma rangée : deux kilomètres, une heure. Après j’en ai marre.

Donc je ressors au soleil et pars sans but, au hasard des rues vers Vasastaden. Il y a toujours des moments, des choses à voir, ne serait-ce qu’essayer d’interpréter comment fonctionnent cette langue suédoise dont je crois comprendre environ un mot sur dix en faisant appel au français mais surtout à l’allemand et à l’anglais. Et, vérifications faites, ça fonctionne. Ça ne me fait pas comprendre grand chose mais ça me permet de penser que je pourrais, avec un peu d’effort, comprendre le suédois écrit car pour le parler, c’est autre chose, je ne comprends strictement rien.

Ou encore, regarder pendant un bon quart d’heure le chien à qui sa maîtresse apprend, avec un certain succès, à faire du skate. Je trouve cette ville assez monotone avec peu de chose qui dérange ses lignes. Elle est très propre, très bien entretenue, on dirait que tous ses bâtiments sont neufs mais, à part un peu Gamla Stan et Riddar Holmen, rien à signaler à l’œil avide du touriste. Je l’ai déjà dit, mais vu le nombre de mes lecteurs, je peux me répéter, son charme n’est pas là mais, du moins dans les quartiers que pour l’instant j’ai traversé, une impression de confort tranquille et de paix. Peut-être est-ce différent en hiver car en ce moment les suédois sont beaucoup dehors. Je ne reviendrai pas vérifier.

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