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18 mai 2017

Trop d'art ou pas assez

Mes amis disent que ma conception de l’art est trop exigeante. Je considère en effet — et j’ai développé ça dans mon vieux livre publié chez Hermès sur l’art numérique — qu’il n’y a véritablement art que lorsque l’objet présenté, qu’il soit visuel, sonore ou linguistique, provoque chez celui qui le perçoit un mécanisme que j’appelle de « sémiose », c’est-à-dire pour aller vite oblige son receveur à une réorganisation au moins partielle de ses réseaux sensibles. Sans cela il peut y avoir un effet esthétique mais qui reste somme toute assez superficiel.

Si je dis ça aujourd’hui, c’est d’une part que je suis allé au superbe musée Thyssen-Bornemiza où des chocs de ce genre ne sont pas rares, notamment dans leur extraordinaire collection d’œuvres datant environ d’entre 1870-1930. Bien sûr j’en connaissais la plupart mais leur force reste actuelle. Un très grand nombre de ces tableaux oblige à regarder le monde, les objets, les personnages, les sensations du monde autrement que selon ce que nos habitudes perceptives nous amènent à le faire. Il y a aussi bien sûr quantité de tableaux qui sont de beaux tableaux mais qui, personnellement ne me provoquent pas de tels chocs. Le Van Gogh des « Vessenots près d’Auvers » ou le dernier portrait de Lucian Freud, mais bien d’autres encore, sont de ceux-là. Le reste de la collection : primitifs, classiques, etc… m’a moins passionnée, si ce n’est un petit portrait de Goya, « Tio Paquete » et le Paradis du Tintoret, hélas mal exposé et peu visible dans son extraordinaire foisonnement. Comme Le Prado, il faudrait y revenir. Mais il y a trop d’art à Madrid., trop de musées, trop de fondations. Et c’est bien là où ma question se pose : faut-il aller voir le musée Sorolla qui est pour moi un bon peintre mais dont les images gentilles ne me bouleversent pas ? Fallait-il, comme je l’ai fait, passer du temps à la Casa Incendida, dont les propositions artistiques ne m’ont pas convaicu ou à la Tabacalera où le peu qui m’a intéressé était davantage de l’ordre de l’idée, du concept comme disent les néo-artistes, que de la sensation ? Je ne suis pas encore passé au Muséo d’Arte Contemporanéo, ni à l’Académie des Beaux Arts. Ne ferais-je pas mieux de retourner voir les Picasso du Reina Sofia ou au Prado explorer les nombreuses salles où je n’ai fait que passer. La question se pose sans cesse ici où il y a partout des murs peints, certains beaux mais ordinaires, d’autres très intéressants comme celui sur une place dont j’ai oublié le nom près de la calle Huertas ? Il y a partout des graffs, comme ailleurs allant de la pathétique signature pisse de chien marquant son passage à de véritables recherches et comment fonctionnent ces statues réalistes de bronze qui parsèment la ville et devant lesquelles se font photographier des dizaines de touristes ? Je ne peux pas, ici, être indifférent à cette question : qu’est-ce qui différencie la production et la création. Pourquoi ce foisonnement, ce fourmillement de propositions. DE quels manques sont-ils le signe ?

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17 mai 2017

Même les vieux séduisent

Il fait chaud, Gran Via je m’assied sur un banc à l’ombre pour me reposer et regarder les passants. Deux jeunes femmes d’environ trente ans viennent s’asseoir à côté de moi et ne tardent pas à engager la conversation. Ce sont des rennaises en voyage de week-end à Madrid, elles na parlent pas espagnol et ne connaissent pas du tout la ville ; on parle de choses et autres. Je leur dis que je suis là pour un mois. Ça les intéresse, je crois qu’elles ne s’opposeraient pas à ce que je leur offre un verre et leur serve de guide pour la soirée. Derrière le Retiro, je cherche la librairie française rue Duque de Sebos, ne voulant pas avoir l’air de draguer, je m’adresse à une femme d’une soixantaine d’années qui semble hésiter. Aussitôt deux autres se précipitent, une d’environ vingt ans et une d’environ trente pour répondre avec amabilité à ma question. Voilà des satisfactions bien modestes, mais…

Aujourd’hui, je voulais me reposer, ne pas sortir ou presque, aller lire un journal au soleil Puerta del Sol puis, finalement je me suis laissé entrainer par mes pieds d’abord pour aller à la librairie française qui se situe derrière le Buen Retiro dans un quartier d’habitations récentes sans grand intérêt qui pourrait être n’importe où dans le monde (ou presque…). Depuis que j’ai élargi ma zone de curiosité, j’ai de plus en plus l’impression que la partie intéressante n’est que le relativement petit centre. Pour le reste, de vastes avenues autoroutes et des cafés et commerces conventionnels qui ne donne pas très envie de pousser plus loin. Mais peut-être y a-t-il des lieux merveilleux que je trouverai un jour par hasard. Les villes savent parfois surprendre… Au passage, Plaza de Cibeles, je n’ai pu résister à entrer dans le curieux bâtiment appelé Centro Centro, un centre culturel de la ville où il y des expositions mais rien de bien intéressant. Par contre son cinquième étage est une vaste salle où on peut s’installer pour travailler en utilisant Internet. Il est calme, silencieux, il n’y a pas grand monde. Un lieu à recommander pour qui veut être tranquille à Madrid. Il semble aussi qu’y sont donnés des concerts et notamment, le 27 ami, un Rebel-K Festival sous titré Musique Future ? J’irai peut-être. Bon, traversée du Buen Retiro jardin qui fut autrefois celui d’un Palais Royal construit au dix septième siècle et fortement dégradé sous l’occupation napoléonienne  et dont il ne reste rien pour atteindre la librairie française qui, quand j’y arrive est fermée. Il me faudra donc revenir. Au retour, toujours par le Retiro, j’en profite pour passer par la splendide verrière pour voir l’exposition Rosa Barba dont j’avais bien aimé une exposition au CPAC de Bordeaux en novembre. Ici, son travail est totalement décevant : quatre ou cinq petits panneaux de verre coloré qui font sur le sol des taches de couleur. Alors que son esquisse de présentation promettait un jeu de lumière fascinant et que l’idée de jouer avec la lumière de cette immense verrière, le résultat est médiocre pour ne pas dire nul. En rentrant, je rentre en passant devant le Prado : il n’y a personne, pas du tout de queue et pourtant le musée est bien ouvert et  que la chaleur revenue devrait inciter les touristes à se mettre à l’abri dans la fraicheur de ses grandes salles et profiter des centaines de merveilles qui y sont accrochées.

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16 mai 2017

Je me suis perdu

J’avais été tellement intéressé par le petit quartier que j’avais parcouru autour du Muséo d’Arte Contemporaneo en revenant du Templo di Debod » que j’ai décidé d’explorer la partie Nord de Madrid au-delà de la Gran Via que j’avais décidé, après ma piscine, d’aller explorer cette partie de la ville tout en sachant que de mon logement à la Plaza de Castilla, en suivant tout droit le passeo de Castellana il y a plus de six kilomètres. Ce n’est donc pas ainsi que j’avais décidé de faire d’autant que cette avenue est une espèce d’autoroute bruyante et sans charme. Je suis donc parti, après avoir visité les deux expositions peu passionnantes, photographie et Houdini, de la Fundacion Telefonica, d’abord par la rue très commerçante de Fuencarral que je connaissais déjà puis, très vite au hasard des petites rues. J’ai été très déçu, ou je ne suis pas tombé sur les bons itinéraires ou, plus certainement, ce quartier est sans charmes mais je n’ai rien vu qui attire mon regard. J’ai pourtant marché longtemps comme j’aime faire puis, à un moment j’ai senti que je commençais à me fatiguer. Il faut dire que, les deux kilomètres pour aller et revenir de ma piscine, plus les deux kilomètres de nage, plus cette longue marche, j’avais dû pousser le bouchon un peu loin, d’autant que, comme je veux tout voir, je ne marche pas très vite, que je suis sous calmant et antibiotique… Il m’arrive ainsi souvent de refuser de voir que je vieillis, je crois que c’est un peu le lot commun mais, ayant la chance d’être plutôt en bonne santé, bref… Vers 20 heures j’étais fatigué. Je décide donc de me reposer et, pour cela de manger dans le premier restaurant un peu sympathique que je trouverai. Pas facile. Dans ce quartier si on trouve beaucoup de bars à tapas, des pizzérias… peu de restaurants. Mais, à force de tourner j’ai fini par en trouver un, Calle Cardenal Cisneros, La Despensa. Repas correct : bacalao a la Riojana (dos de cabillaud, on pourrait dire à la provençale…). Quand j’en sors il est vingt et une heures. Je décide donc de retourner et, comme je ne veux plus traîner tout en ne prenant pas, par principe, un taxi, cédant à la modernité, je décide de m’aider de mon GPS, ce que je ne fais jamais. Il m’indique que je suis à 3 km 500 et qu’il me faut compter 35 mn de marche mais me dit que je dois prendre la rue dans la direction sud est. N’ayant pas de boussole, je prends au hasard une des deux directions possibles. Évidemment, c’est le mauvais sens, je retourne mais comme j’avance le nez sur mon GPS, je perds mes repères habituels. Tout d’un coup, alors que d’habitude j’ai un assez bon sens de l’orientation, je ne suis plus que ce point bleu qui avance sur une carte, hésite quand je ne trouve pas exactement la rue indiquée, vois un nouvel itinéraire se dessiner, tourne dans une rue qui me paraît sympathique et affole mon GPS qui propose d’autres itinéraires en gris, en bleu, plus ou moins longs. Bref je ne sais plus du tout où je suis. De plus mon GPS prononce les noms de rue avec un fort accent français ce qui fait que j’ai parfois du mal à les reconnaître. C’est donc assez paradoxal, je m’oriente beaucoup moins bien avec cet instrument qu’à l’instinct. J’ai mis plus d’une heure pour retrouver le quartier où je vis mais, même là, le GPS choisissant des itinéraires bizarres (les plus courts certainement), je ne les reconnaissais pas vraiment. Ce n’est qu’à environ cent mètres de ma porte que je me suis enfin retrouvé.

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15 mai 2017

Temlo di Debod

Parmi les curiosités de Madrid, figure ce temple destiné au dieu Amon et qui a été déplacé, comme tant d’obélisques, depuis Debod (ne me demandez pas où ce lieu se trouvait exactement, ce que je sais c'est que c'est un don de l'Égypte à l'Espagne après la construction du barrage d'Assouan). Situé, dans un agréable jardin, au bord du versant assez élevé du Manzanares, il domine l’énorme Parco de la Casa do Campo, vue qui donne l’impression fausse que Madrid est entouré de forêts. C’est un joli petit temple posé sur deux bassine et je me réjouissais de le visiter sauf que… sauf que, comme d’habitude, je ne me suis pas renseigné avant d’y aller et qu’il est, comme tous les musées ici, fermé le lundi. Bis repetita placet, j’y retournerai. Du coup j’en ai profité pour visiter encore plus la partie nord de Madrid, au delà de la Gran Via puisque Lavapiès est au sud. Bien sûr, même après avoir marché quatre heures, je n’ai fait que l’effleurer car cette ville, est au moins aussi étendue que Paris ou Londres mais j’ai été surpris de voir que, dans la partie que j’ai parcourue, il y avait une ambiance architecturale plus espagnole comme si la guerre civile avait fait moins des destructions qu’au sud. On y trouve notamment de nombreuses églises, des couvents et comme partout ailleurs de nombreuses petites places amis qui dans ce quartier semblent davantage « villageoises ». Je suis notamment tombé par hasard sur la Plazuela de los Commendatores, une place très sympathique où il y avait un marché aux céramiques avec beaucoup de stands aux productions variées, mais curieusement, sur la carte que j’ai achetée, cette place ne figure pas, ni la rue des Quinones qui y mène. Trop de petites rues certainement et, pour les touristes, les grandes suffisent. De toutes le villes que j’ai assez longuement fréquenté, Madrid est sans aucun doute celle où il y a les plus de cafés, et presque autant de terrasses car il faut vraiment que le temps soit exécrable pour que les madrilènes s’enferment dans les salles de restaurant ou de café qui sont, d’ailleurs, la plupart du temps minuscules ou inexistantes. Je m’étais aussi renseigné sur les tr ès bons restaurants de Madrid et ils sont tous au nord, souvent beaucoup trop loin pour que j’y aille à pied. En tous cas aucun n’est signalé dans le quartier où je réside et aucun non plus au centre. Je ferai peut-être l’effort d’aller un soir au plus proche (4 km tout de même, mais au pire je reviendrai en taxi).

Pour le reste c’est encore la fête de la San Isidro, toujours aussi familiale Pour l’essentiel les madrilènes se promènent en famille entre la Gran Via et le quartier de San Isidro en passant par la Plaza Mayor avec de plus en plus de familles en costume castillan. Il paraît qu’il y a eu une procession aujourd’hui mais je ne sais pas où et ne m’en suis guère soucié. L’essentiel : le soleil est revenu et je bronze. Ce qui, à mon âge, est une occupation à plein temps.

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14 mai 2017

Le Manzanares

Il y a des lieux que l’on n’a pas l’habitude de voir et vers lesquels seul le touriste un peu fou, original, ayant beaucoup de temps à perdre ou adepte inconditionnel de la marche pour elle-même, se dirige. Ainsi de la rivière qui traverse Madrid ; une rivière, pas un fleuve ; une rivière qui se jette dans une autre rivière, le Jarama qui, enfin rejoint Le Tage. C’est donc un cours d’eau assez modeste, étonnant même pour la troisième ville d’Europe. Si à Madrid on n’arrête pas de monter et de descendre c’est pourtant que la ville est construite sur le flanc le plus abrupt de ce bien modeste cours d’eau que dominent la Palais Royal et la Cathédrale. Pourtant n’essayez pas de la voir à partir des points de vue de ces deux lieux, cette rivière est invisible d’en haut. D’abord parce qu’elle est très modeste mais surtout parce qu’elle est noyée dans la verdure. Des hauteurs ouvertes de Madrid, on ne voit, dans sa direction qu’une immense surface de verdure où se perdent un ensemble de bâtiments modernes, c’est un grand parc d’environ 1800 hectares, beaucoup plus grand que le magnifique Buen Retiro dont j’ai déjà parlé et qui vaut bien une journée de visite quand il fait très chaud. Les berges du Manzanares ont de plus été elles-mêmes très bien aménagées en vaste promenade ombragée. Cependant les arbres n’ayant pas encore l’ancienneté du parc, les ombres y sont moins denses. Il y a des jeux pour enfant, un restaurant-bar, de très nombreux vélos qui passent en famille ou en groupe car, semble-t-il la piste cyclable est assez longue. Si dans la ville de Madrid elle-même, il y a peu de jardins, elle est entourée de quelques grands et beaux parcs. Celui-ci, la Casa de Campo, est le plus grand et on peut facilement s’y promener des heures. Ce que j’ai fait car si Madrid est en fête, c’est une fête bon enfant qui se concentre essentiellement Plaza Mayor et dans le quartier San Isidro autour de l’église de ce nom. En ce qui me concerne, j’en ai vite fait le tour. En effet, à moins d’être fou de musique, populaire, il y a quand même peu d’évènements et si les promenades de Gigantes et Cabezudos distraient un moment, ce ne sont quand même pas des attractions de premier ordre. Il y a quantité de groupes amateurs qui se produisent ici et là et ça fait une ville joyeuse mais sans plus, on est très loin des folies populaires que proposent les fêtes de certaines autres villes européennes. Dans l’ensemble c’est très sage, je dirai même très familial, même si de nombreux madrilènes ont revêtu la tenue castillane traditionnelle. Cette tenue est d’ailleurs elle-même très sage, très sobre, petit gilet à carreaux avec œillet rouge à la boutonnière pour les mâles sur chemise blanche et casquette du même tissu. Pour les femmes la robe longue de couleurs diverses serrée à la taille et aux genoux ressemble vaguement à la tenue andalouse mais si cette dernière est flamboyante de couleurs, de volants, d’ampleur qui magnifient les mouvements et les corps, si les châles sur les épaules sont d’une grande richesse ornementale, la robe castillane est très pauvre en ornements, presque étriquée comme si elle enfermait les femmes et le petit foulard sur la tête donne bien davantage une impression de vêtement rustique. Mais la fête dure trois jours, ce dimanche ce n’est que le deuxième, peut-être que la ville va s’enflammer, mais j’en doute.

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13 mai 2017

San Isidro

Il y avait bien trente ans, au moins, que je n’avais pas eu mal aux dents. Mais il n’y a apparemment pas d’âge pour les expériences négatives. Et bien voilà, c’est fait. Hier une lente montée des sensations négatives et cette nuit impossible de dormir. Il y a heureusement dans le quartier où je vis de nombreuses « clinica dental » très bien équipées. Elles (ce sont des femmes) m’ont pris en urgence : radio, abcès sous une molaire, antibiotique, calmant… J’espère que ça tiendra jusqu’à fin mai. Sinon…

Après cette surprise qui m’a pris un petit moment, marche à nouveau dans la ville, principalement vers le quartier San Isidro et la Plaza Mayor car c’est là, d’après le programme que tout se passe. L’atmosphère est festive, mais sans plus, la fête ne semble vraiment concerner que le quart sud-est de la ville. Ailleurs c’est comme d’habitude sauf qu’aujourd’hui, peu à peu, le soleil est revenu ce qui a fait refleurir la multitude des terrasses. Il est vrai que c’est aussi le week-end et que les madrilènes sortent beaucoup à ces moments-là. En résumé, je me suis amusé durant une heure à filmer les géants Plaza Mayor où ils pratiquent leurs danses rituelles. Beaucoup de gens, les enfants surtout, mais aussi quelques adultes ont revêtu des tenues madrilènes traditionnelles : robe longue de couleur vive à frou-frou pour les filles et châle sur la tête, petit gilet sur chemise blanche et casquette à petits carreaux bleus pour les garçons. Ensuite, danses madrilènes par des associations de danse sur cette même place où se succèderont dans la foulée de nombreux groupes musicaux de variété ou non. Ensuite petites rues vers l’église San Isidro et au passage visite de l’église épiscopale San Miguel— une des rares à avoir un décor intéressant — en tombant au passage sur des groupes musicaux divers, souvent à tendance folklorique. J’ai fait des vidéos de tout ça que j’ai mises sur Youtube pour ceux que ça pourrait intéresser. C’est toujours très agréable et le public s’agglutine et participe volontiers mais ce n’est quand même pas la folie qu’il peut y avoir dans d’autres villes lors des fêtes patronales. Les deux ambiances festives qui m’ont le plus intéressée, d’abord la petite procession religieuse qui part de l’église et parcourt le quartier, c’est une procession d’enfants tout à fait modeste et si en elle respecte certaines apparences, portement de présentoirs religieux, musique très aiguë, rythme lent et lancinant, elle n’a rien à voir avec la splendeur, la foule et la richesse des processions andalouses. Ensuite, l’atmosphère très associative et baba cool du grand marché Cebada où se tient le Nomada Market, un très grand ensemble de boutiques ethniques ou artisanales avec un curieux café à l’ambience très sympathique qui se situe entre la garderie pour enfants, les ateliers de dessin et le salon de coiffure. Il y avait là un groupe de musiciens, les Jingle Djanco, musiciens de rues qui mettaient une ambiance superbe. J’y suis resté un bon moment pour essayer de faire une vidéo, mais pas facile avec la foule et mon petit appareil photo.

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12 mai 2017

Triste sale temps

Aujourd’hui la ville et moi sommes tristes, il a plu tout le jour, avec de petites éclaircies et de plus le vent était glacial. Le temps n’a commencé à se radoucir que vers dix sept heures. Autant dire que ce n’était pas un jour à mettre un touriste dehors. Pourtant mon « studio » est si petit que je ne peux imaginer y rester enfermé une journée entière. Je suis donc sorti et j’ai repris mes habitudes de marche, allant d’abord au nord de la Gran Via dans des quartiers où je n’étais pas encore allé le long de la rue très commerçante de Fuencarral puis, arrivant devant le Musée de Historia de Madrid, comme il pleuvait et que mes chaussures commençaient à être mouillées, j’y suis entrée pour le visiter : c’était bien ce à quoi je m’attendais, des tableaux corrects sans plus peignant la ville à diverses époques (il y avait quand même le célèbre et beau portrait de Philippe IV par Vélasquez), quelques maquettes, quelques objets… Ce n’était pas très passionnant et je n’y ai pas appris grand chose. Je suis quand même resté ainsi une heure à l’abri de la pluie.

Retour par des petites rues sans grand intérêt si ce n’est ici et là une place avec terrasse — mais aujourd’hui tout le monde est à l’intérieur — vers la Gran Via, marche erratique dans les petites rues vers la place San André où je voulais revoir une vidéo du Muséo de los origenes, puis nouvelle errance dans d’autres petites rues qui ressemblent à d’autres petites rues qui ressemblent à d’autres petites rues… avec de ci de là une perspective ou un jardin. Ceci m’amène Calle de los embajadores où, le dimanche, se tient le Rastro un grand marché de tout et n’importe quoi où il y a foule, je me demande bien pourquoi. Et là, surprise, au bas de la rue, je tombe sur une immense usine de tabac désaffectée : la Tabacalera. Elle est divisée en deux parties, une, ouverte, est réservée à des expositions officielles d’art contemporain  avec quelques travaux intéressants, j’ai bien aimé notamment Memento Mori de Lucia Vallejo Garay, une quantité de momies surmontant autant de suaires dorés, un ensemble très visuel bien en accord avec le lieu mais aussi un beau travail sur la mémoire ouvrière d’un artiste dont stupidement je n’ai pas noté le nom jouant avec des portraits, des cartes de pointage et autres objets ayant marqué la condition ouvrière. La seconde partie de la Tabacalera n’est normalement pas ouverte, mais il suffit de pousser la porte et de plus, elle ouvre généralement en fin de journée est plus proche d’un squat artistique, elle propose des expositions moins officielles, de nombreux graffitis, un jardin en accès libre et divers ateliers : danse, photographie, radio, etc. IL est très facile d’y trouver quelqu’un avec qui discuter. En tous cas ce lieu est, presque, à l’abri de la pluie.

Retour par des petites rues vers la Casa Incendida, non que j’ai voulu y revoir quoi que ce soit, mais pour aller à la cafeteria boire un café. C’est très jeune cadre dynamique et artistes et cette ambiance convient bien au grand âge que je feins parfois d’oublier même si lui ne m’oublie pas.

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11 mai 2017

On ne peut pas gagner tous les jours

Ce matin mes amis sont partis et depuis l ‘orage d’hier soir, il a plu de temps en temps dans la nuit. Du coup il fait froid et j’ai dû ressortir un pull over. On ne peu pas gagner tous les jours. D’après la météo, il faudra attendre le début des fêtes de San Isidro, samedi matin pour que le beau temps revienne, même si, dans la journée il y a eu quelques belles éclaircies. Je suis quand même sorti acheter Le Monde et El Pais pour essayer d’améliorer mon usage de l’espagnol. Puis je suis allé à la piscine, rien de tel pour oublier la pluie. En chemin une scène amusante, devant moi un bellâtre espagnol, grand, bien habillé, il a un chien en laisse, il téléphone. Son chien en profite pour pisser sur une moto garée au bord du trottoir ce qui provoque la sortie, furieuse d’un homme qui était dans un magasin et qui l’engueule. Le bellâtre s’excuse mais ça ne semble pas très sérieux. Puis il continue son chemin. Trente mètres plus loin, son chien, profitant d’une nouvelle pause de son maître dépose trois grosses merdes sur le trottoir. Le bellâtre regarde à droite, à gauche, un peu gêné mais, manifestement il a envie de s’éloigner discrètement. Arrive une jeune femme charmante, tout sourire, qui lui offre un sac plastique. Le maître du chien ne peut pas refuser, ne peut plus nier non plus savoir ce que son chien a fait mais il n’a vraiment pas envie de ramasser. Il attend que la jeune femme s’éloigne, se place de façon à ce que personne ne marche dans la crotte et ne la remarque. Il attend dix bonnes minutes. Je l’observe me demandant s’il va oser partir mais il se rend compte que beaucoup de gens ont compris et le regardent. Alors il se résigne, ramasse et va enfin jeter dans une poubelle. Scène de la vie ordinaire dans une grande ville où l’on voit beaucoup de personnes jeunes avec des chiens depuis des chiens de poche jusqu’à des épagneuls en passant par des lévriers afghans. Pourtant, du moins au centre, les rues sont propres.

Retour de la piscine où, comme dans les autres villes espagnoles il n’y a pas de cabine pour se changer, chacun, quel que soit son âge, se met tout nu sous le regard des autres sans que cela ne semble gêner personne. En chemin, je tombe par hasard sur un immeuble, La Casa Incendida — la maison en feu — qui est une fondation du Mont de Piété de Madrid où il y a une exposition « Transmission from the Etherspace ». Comme le temps n’incite pas à la badauderie, j’entre, d’autant que c’est gratuit. Quatre belles salles consacrées à des œuvres numériques : beaucoup de vidéos, une immersion en réalité virtuelle sans grand intérêt, des œuvres comme on en voit partout avec même l’inévitable provocation érotique soft pastichant L’Origine du Monde. Deux installations intéressantes tout de même car un peu originales : Hello, it’s me de Pepo Salazar utilisant comme écran vidéo des plaques vitrocéramiques et des musiques piquées aléatoirement sur Youtube et Présage de Hicham Barrada filmant en direct de petites réactions chimiques qui se produisent dans un verre à moutarde et les projetant sur écran géant provoquant ainsi des effets de matière inattendus. Il semble qu’à certaines heures il y ait aussi des performances. Ça dure jusqu’au 28 mai, j’irai peut-être y faire un tour s’il pleut à nouveau.

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10 mai 2017

Jazz et errance

Le temps est médiocre presque un peu frais et demain il devrait pleuvoir. J’amène mes amis qui repartent demain au parc du Retiro, le très grand jardin, parfaitement entretenu, soigné même, qui se trouve derrière le Prado et qui offre de superbes lieux de promenade. D’abord la roseraie, merveilleuse de parfums et de couleurs avec un très grand nombre de variétés de roses. Si je m’écoutais, je n’arrêterais pas de photographier bien que sachant l’inutilité de toutes ces photos. Ensuite un autre jardin, dans le jardin, près de l’ancienne station météorologique où des paons crient et se pavanent. Puis, bien entendu, le très grand bassin (lac ?) que domine le monument à Alphonse XIII et sur lequel les madrilènes et les touristes viennent canoter. Petit café à une des nombreuses buvettes du parc, visite du Palacio de Velasquez (rien à voir avec le peintre, Velasquez est ici le nom de l’architecte qui a conçu ce lieu d’exposition annexe du musée Reina Sofia) pour terminer par la grande et splendide verrière appelée Palacio de Cristal où se prépare une exposition Rosa Barba devant ouvrir le 17 mai. J’y reviendrai certainement. Enfin sortie du côté du Prado. Il faut compter une bonne heure et demie pour faire ce parcours mais on ne s’y ennuie jamais.

Retour au centre. Pause, puis nous allons rôder du côté de la colegiata de San isidro, quartier historique de Madrid, San Isidro étant le saint tutélaire de Madrid et sa fête se célébrant ici du 13 au 15 mai. J’en parlerai donc ces jours-là. C’est un quartier très populaire avec en son centre de grandes halles dont je n’ai pas retenu le nom. Je dois avouer que je suis obligé de réviser un peu mes premières opinions : si Madrid n’est pas une belle ville, cette ville renferme en elle, souvent peu connues, de charmantes petites places toutes avec terrasse où on sent qu’il fait bon vivre. Sur la place San André, l’église du même nom est la première que je trouve avec un décor baroque séduisant entourant le chœur même si le reste du bâtiment conserve l’austérité sobre de la plupart des églises de cette ville où j’ai essayé de trouver quelque beauté. À côté de cette église un tout petit musée, rouvert en avril dernier et extrêmement bien conçu, très didactique avec de nombreuses explications interactives, le museo Origines qui, comme son nom l’indique, présente les origines de Madrid depuis la préhistoire jusqu’aux alentours du dix septième siècle. Si nous n’étions pas tombés dessus par hasard, je n’y serai certainement pas allé et pourtant nous n’avons absolument pas regretté la petite heure que nous y avons consacré. Retour par des petites rues aux nombreux escaliers vers l’Opéra sans charme et la Puerta del Sol, centre de la vieille ville. Et, vers vingt heures trente, heure normale du début du dîner à Madrid, nous terminons notre journée au restaurant Sistreria toujours aussi bon et pas cher. Hier nous avons mangé au Central, très bien d’ailleurs, au Café Central, Plazza del Angel qui est aussi une boîte à Jazz, dans un quartier assez pittoresque. Le jazz, très classique, sans invention, n’était pas à la hauteur de la cuisine mais leur programme change toutes les semaines. Je ferai sûrement un autre essai avant de quitter Madrid.

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09 mai 2017

Choses et autres

Gran Via, un petit attroupement, deux policier devant une porte, des gens derrière la porte qui essaient de sortir, les policiers essaient d’entrer. C’est l’entrée d’une banque. Tout de suite viennent à l’esprit des images de séquestration, hold up, etc… Bref quelque chose de violent. On s’approche et on s’aperçoit que c’est une scène digne d’un film. Quelqu’un — un distrait, un farfelu, un fou, un original, un farceur, etc… ?— a attaché son vélo à la poignée de cette porte. La situation est cocasse, les policiers ne sont pas équipés pour couper l’antivol du vélo, apparemment les personnes à l’intérieur non plus. Les policiers photographient sur leur portable l’objet du délit et appellent au téléphone. Fin de l’incident. J’aurais bien aimé voir ce qui allait se passer, mais ça risque de durer un moment. L’attroupement se délite et nous nous partons vers le beau petit jardin Cervantès pour, comme tous les touristes, nous photographier devant les gigantesques statues équestres de bronze de don Quijote et de Sancho Pança. Puis le Palais Royal et retour par la calle Mayor avec un autre petit arrêt bière sur une des places qui côtoient le beau, mais très touristique, mercado San Miguel, joliment restauré et qui abrite nombre de petits bars-restaurants où déguster une spécialité espagnole. Le centre de Madrid n’est pas très grand et on se retrouve vite dans des lieux connus.

Le soir, nous mangeons, très bien à la Sistreria, un petit restaurant près de mon logement : jabon, calamares et vin de Ribera criança. Ça change de la Plazza Mayor.

Aujourd’hui, nous affrontons Le Prado, de la peinture à tous les étages, de la bonne à la géniale, c’est un Louvre bis où la file d’attente est très bien gérée et ne dure guère plus de dix minutes d’autant qu’il semble ne pas avoir les foules touristiques redoutées. De la peinture jusqu’à plus soif, depuis de splendide retables des quatorzièmes et quinzième siècle jusqu’à la peinture du dix neuvième. On sait en y entrant qu’il sera impossible de tout voir, on se fixe donc des buts à peu près précis Goya et son époque appelée « matière noire », jusqu’au Greco en passant par les Vélasquez, Ribera et Bosch, Sorolla. Quelques rares tableaux : les Ménines de Vélasquez, Le jardin des Délices de Bosch, Le sabbat des sorcières de Goya agglutinent un peu de foule et rendent difficile leur approche mais, dans l’ensemble, on peut vraiment voir ce qu’on a envie de voir. Mais, petit inconévnient pour moi, impossible de photographier, même sans flash. Dis comme ça, le parcours n’a lien de rien mais il nous a quand même pris deux heures et les reins, au rythme de la marche-arrêt muséale, souffrent d’où passage à la cafétéria, écourté, car ce lieu est vraiment trop bruyante. Étonnant quand on pense à la qualité d’organisation et d’exposition du musée. Est-ce fait exprès pour que les clients ne s’attardent pas ? Quoi qu’il en soit, une petite sieste est bien méritée.