Aujourd’hui, étant invité par un jeune couple, je suis sorti de Stockholm pour rejoindre leur maison de campagne à environ 60 km de la ville. Un trajet d’environ une heure en bus. L’occasion de vérifier, s’il en était besoin, combien le ciel, l’eau et la terre se partagent incessamment l’espace : partout des îles plus ou moins rocheuses, partout des bras de mer ou des lacs ou des lagunes, partout des petites maisons en bois rouges ou jaunes, et au-dessus, un grand ciel, qui aujourd’hui, passait sans cesse dans toutes les nuances du gris au bleu. Leur maison est dans un petit ensemble collectif construit sur une masse rocheuse basse au milieu de la forêt et comme toujours au bord d’un bras de mer avec petite plage, pontons et nombre de bateaux. Eux mêmes ont un kayac et un bateau à rames pour la pêche. Ils sont très écolos, nous avons donc parlé un peu de la famille car ne sachant qu’acheter pour les remercier de leur invitation j’ai apporté deux peluches (ils ont un adorable petit garçon de deux ans qui commence à parler en mélangeant harmonieusement le français et le suédois et une fillette de cinq ans qui parle déjà bien les deux langues : donc, comme je ne suis pas très audacieux, peluche rose pour la fillette et bleue pour le bambin et j’ai pu constater combien ils étaient plus intéressés par les sacs d’emballage que par les peluches elles-mêmes). Mais nous avons surtout parlé de leur jardinet dont ils sont très fiers, parce que quelques fleurs qu’ils ont planté eux-mêmes poussent bien, de l’écureuil qui squatte leur maison et surtout du compost qu’ils sont en train d’essayer d’élaborer se demandant sans cesse s’ils pouvaient y déposer telle ou telle chose, une grande écorce d’arbre ou une branche de pin par exemple, et y mettant même les selles du petit garçon. Mais bon, à mon âge, peu de choses m’étonnent surtout quand je ne suis pas en France.

Ensuite promenade en famille pour aller jusqu’à leur plage, une toute petite crique, artificielle m’ont-ils dit entourée de rochers bas avec ponton et une vue magnifique sur les environs. Tous ces paysages sont très beaux, cependant, tout se ressemble un peu de telle sorte que ce qui finit par dominer c’est une impression de monotonie. Donc peu de photos. Ce qu’il y avait pourtant d’amusant, c’était, comme une sorte d’installation artistique, cinq belles tomates, soigneusement posées sur une souche d’arbre comme une offrande aux dieux du lac.

Vers dix sept heures, retour. La circulation vers Stockholm est nettement plus dense qu’à l’aller, il y a même eu quelques petits moments d’embouteillage.

Au fait, ça n’a rien à voir, mais j’ai encore perdu mon maillot de bain et je n’arrive pas à comprendre comment cela se fait. Il y a peut-être dans ceux qui fréquentent cette piscine, un collectionneur de maillots de bain de français. Je vais devoir en racheter encore un autre.