Le soleil se fait un peu prier aujourd’hui et joue beaucoup avec les nuages, mes amis sont partis ce matin et je me retrouve seul face à Stockholm. Il y a des moments où la solitude a du mal à se faire oublier… Mais c’est ainsi que j’ai désormais conçu ma vie et je ne m’en plains pas.

J’ai décidé d’aller à Kungsträdesgarden d’où part la manifestation hebdomadaire pour le climat et j’ai d’abord été supris par la station de métro qui joue l’archéologie avec de fausses ruine, de faux monuments antiques, de fausses mosaïques… c’est assez kitch mais ça se laisse traverser ce qui, au fond, est le but d’une décoration du tunnel, car c’est ainsi que l’on appelle ici le métro ce qui, soit dit en passant permet de mieux comprendre l’esprit décoratif de l’ensemble des stations. En sortant du métro au hasard car je n’ai pas de raison de choisir une sortie plutôt qu’une autre, je tombe d’abord sur une église du XVII ème siècle : Saint Jakob. Comme celle de Riddar Holmen dont j’ai parlé il y a quelques jours, ce qui est frappant, c’est la présence des armoiries et la taille des pierres tombales. Naïvement, je croyais que la Suède, pays socialisant en avait fini avec l’aristocratie or je m’aperçois qu’elle est au contraire assez présente et occupe une partie non négligeable de l’espace mental de la population. Tout s’appelle Kung (king) quelque chose et de nombreux lieux historiques affichent, presque avec arrogance, des signes de la noblesse. Il est vrai que les français sont toujours restés un peu régicides et personnellement j’ai du mal à comprendre toutes ces monarchies, principautés et autres grand duchés qui sont une partie de l’Europe.

Place Kungsträdegarden (Place de la forêt ou de l’arbre du roi…) il y a foule et une grande scène attend des orateurs. C’est plutôt jeune. En attendant je prends un café dans une buvette où il faut payer un euro pour les toilettes, je vais donc, comme à mon habitude, dans un restaurant plein de monde où je passe inaperçu et où on ne me demande rien. Quand la manifestation part, elle est impressionnante. Je ne comprends rien à ce que scandent les manifestants mais une multitude de pancartes parle de «klimatet » ce que je pense inutile de traduire. Je la regarde un moment du haut d’un pont. Puis je m’en vais, à pied vers ma piscine qui n’est qu’à quelques trois petits kilomètres en empruntant selon mon habitude des rues et des parcs où je ne suis encore pas passé. Ce qui m’étonne c’est que l’on enterre encore des gens dans ces parcs publics, sans tombe visible, seuls les bouquets posés à même la terre ou quelques pierres levées qui surgissent du gazon semble indiquer qu’il y a là un défunt. Mais peut-être que je me trompe, ce ne serait pas la première fois.

 

Une bonne heure de nage très tranquille car il n’y a presque personne et j’ai un rang pour moi tout seul. Ensuite je rentre tranquillement en faisant quelques courses indispensables et en zigzagant d’une rue à l’autre car il est impossible de se perdre, ici où tout est à angles droits.