Il fait beau à n’y pas croire (Aragon)… Il fait au moins aussi beau que l’an dernier quand j’étais à Naples. Étonnant, je n’aurais jamais pensé ça de la Suède. De plus les nuits sont fraiches, ce qui n’est pas désagréable. Seul inconvénient, en ce moment, les jours sont longs, à peu près de quatre heures du matin à dix heures du soir et quand on se trouve comme moi dans une chambre sans rideaux, le réveil est plutôt matinal. Reste à m’y habituer…

Aujourd’hui, j’ai quitté mon île. Stockholm est bâti sur quatorze petites îles, avec une altitude qui tourne autour de 0. En fait, il y a bien, ici et là, quelques petites pentes et deux ou trois gros rochers qui pointent leur nez, mais l’allure générale est la platitude, ce qui en fait une ville idéale pour les déplacements à vélo et ce qui explique peut-être aussi le peu de circulation hormis sur un ou deux axes, notamment l’espèce d’autoroute qui sépare affreusement Riddarholmen et Gamlastan.

J’ai donc marché. Entre quatre et cinq heures. Mais je ne m’en plains pas car c’est ce que j’aime faire. Où que je sois, je marche d’un pas tranquille, observant tout, retenant beaucoup de choses, prenant des photos ici et là. Et si je ne me souviens pas toujours des monuments, des bâtiments, des curiosités diverses que j’ai photographiées, je garde en mémoire un souvenir très précis de mes itinéraires au point que je sais que je pourrais revenir à Lisbonne, à Naples, à Rome et ailleurs sans plus jamais me perdre. Mais on ne peut pas se perdre, du moins je le crois pour l’instant, à Stockholm. J’ai donc marché. D’abord pour aller repérer la piscine où je me promets d’aller demain, ensuite pour voir autre chose et si l’impression de verdure que j’ai décrite hier est bien exacte sur l’ensemble de Kungsholmen elle est loin d’être vraie en ce qui concerne le cœur historique de la cité, d’abord la petite île de Riddarholmen où se trouve le plus ancien bâtiment de la ville, l’église du XIII ème siècle, ensuite sur l’île à peine plus grande de Gamlastan qui est maintenant le centre historique avec les mêmes défauts que tous les centres historiques : une rue (västerlånggatan) où les paquets de touristes s’écoulent lentement entre des boutiques de souvenirs. Ce centre historique est constitué de rues plutôt étroites avec, assez souvent, des échappées sur la mer et on peut quand même sortir de cette rue-boutique pour se promener au soleil dans d’autres, vides de commerces, mais tout aussi agréables. C’est aussi là que se trouve la palais royal et le building du prix Nobel et la relève de la garde attire un peu de monde. Stockholm n’est ni Rome ni Séville et si les tourismes sont nettement plus nombreux dans ces lieux qu’ailleurs, ils ne constituent pas cependant les foules étouffantes auxquelles on peut se heurter dans ces deux autres villes. J'y retournerai certainement pour découvrir des perspectives moins connues, s'il y en a.

C’est ma séquence tourisme cool. J’aurai aussi certainement des séquences culturelles et des séquences gastronomiques mais ne me demandez pas quand car je n’en sais rien.