Aujourd’hui il faisait beau, et chaud, j’ai donc décidé de me contenter d’aller marcher dans un parc. Il n’y en a pas beaucoup à Naples si j’en juge par les cartes de la ville. Le seul qui paraissait intéressant en taille étant celui de Capodimonte et de plus accessible à pied, un peu plus de trois kilomètres de l’appartement, j’ai donc décidé d’y aller en choisissant un itinéraire un peu au hasard par les petites rues et les escaliers qui montent assez rudement. C’est un bon exercice sauf que j’ai rencontré au milieu de la pente un couple de français exténués parce qu’ils tiraient leurs valises depuis la gare s’étant dit que Naples était une ville plate. Comme je l’ai dit, il ne faut pas se laisser abuser par le centre ville, Naples est une ville à pentes fortes. Je les ai consolé en leur disant qu’ils allaient bientôt avoir de magnifiques panoramas sur Naples, et, aujourd’hui pour la première fois que je suis là, sur le Vésuve. Un taxi ne leur aurait coûté que dix euros mais bon, il n’y a pas de petites économies et ça leur fera un peu de sport, ils semblaient en avoir besoin… En ce qui me concerne, je n’ai pas été déçu, on se croirait ailleurs qu’à Naples tant ce parc est vert et bien entretenu. C’est d’ailleurs manifestement un lieu de sorties familiales dominicales car c’est plein d’enfants avec leurs petits vélos. Il est vrai qu’il est situé dans un quartier plutôt classes moyennes supérieures à en juger par les façades et les voitures. En fait son nom est le Real Bosco di Capodimonte car, à l’origine, c’était une réserve de chasse pour Charles III d’Espagne (on sait que Naples est passé entre plusieurs mains royales). Une partie des pelouses est interdite mais pas toute, on peut donc passer un moment à s’y reposer ou à marcher dans l’ombre. Ce que j’ai fait puis je n’ai pas pu résister à entrer dans l’ancien palais royal devenu le Musée de Capodimonte. Sans l’avoir prévu, j’ai bien fait, de toutes les galléries d’art ou musées que j’ai visité durant mon séjour napolitain, celui-ci est vraiment le plus intéressant. Il est d’une très grande richesse que ce soit en œuvres des quatorzième au seizième siècle mais aussi dans toutes les époques postérieures jusque vers la fin du dix neuvième. Je dois atténuer ce que j’ai dit antérieurement sur la peinture : on passe sans vraiment regarder devant des dizaines de tableaux tous bien peints, mais tous semblables ou presque dans leurs factures et puis, tout d’un coup quelques œuvres ont quelque chose de plus, une force qui attire et retient l’œil et, si on lit alors les cartels, on s’aperçoit que ce sont des toiles de Ribera, du Caravage (il y a là une sublime flagellation du Christ), de Botticelli, d’Artemisai Gentileschi (son sublime Judith décapitant Holopherne que personnellement je trouve même plus puissant que le tableau du même thème du Caravage) qui réconcilie un peu avec la peinture. Par contre il y a une petite section dans des combles bien aménagés d’art contemporain que j’ai trouvé minable et sans aucun intérêt pourtant j’aime l’art contemporain et j’ai été souvent intéressé au moins autant par des créations actuelles que par nombre de toiles dites de maître. Mais ici ? Je renonce parfois à comprendre…