Vous ne le savez pas, mais je suis bibliophile, c’est à dire que j’ai une collection assez important d’éditions des XVI, XVII et XVIII ème siècles de littérature française. Bon… et alors, que vient faire Naples dans cette bibliothèque ? Il se trouve qu’au hasard de mes pérégrinations lentement méditatives dans le vieux Naples, je regarde mollement tout ce qui passe sous mon regard et voilà que Via dei Librai je remarque au milieu d’un petit étalage de bibelots divers un livre dont la reliure, le format me donnent penser qu’il pourrait être du dix huitième siècle. Je le regarde donc et, surprise, ce n’est ni un livre en latin, ni un ouvrage religieux, ni un ouvrage de morale catholique comme on en trouve tant mais le tome 2 des Menagiana du célèbre grammairien et écrivain Ménage. Bien sûr, vous ne le connaissez pas, peu importe. L’essentiel est que je le connaisse, en l’examinant de plus près je vois que c’est l’édition de 1713, une des plus proches de sa mort en 1692, car oui il a été édité à plusieurs reprises. De plus cet ouvrage porte un ex libris qui est de Charles Grave Hudson Esquire avec ses armoiries. Seul problème, la couverture arrière est détachée de l’ensemble par ailleurs en bon état… J’en demande donc le prix, le vendeur veut d’abord 40 euros, ce qui n’est pas très cher mais, il n’y a qu’un volume er il n’est pas en parfait état. Je dis donc que c’est trop cher : il descend à trente cinq. Je fais remarquer que personne (à Naples je ne risque pas de me tromper) ne connaît cet auteur mais le vendeur me fait remarquer qu’il a plus de trois cent ans. Ce n’est pas l’âge de Pompei et ici on a le sens de l’histoire. J’en offre vingt, le marchand ne veut pas céder, moi non plus, on se quitte bons amis. Quelques jours plus tard, et cette fois pas par hasard, je repasse devant l’étalage : le livre est toujours là, comme je m’en doutais. Je dis ave un peu d’ironie au vendeur qu’il n’est pas encore vendu il soupire : personne n’en veut. Je lui dit : moi, si mais à vingt euros. Il baisse à vingt-cinq, je maintiens mon prix. Il me dit alors vingt deux, je résiste et là il m’a au sentiment en me disant qu’il ne peut pas toujours céder. Je comprends en effet et je sais qu’il n’ira pas plus loin car il a son honneur de marchand à défendre. Je cède donc. Me voilà avec mon ménage qui m’a surtout permis un bon échange avec ce commerçant et obligé à roder mon italien…

Quant au Menagiana 

Menagiana, ou Les bons mots et remarques critiques, historiques, morales et d'érudition de M. Ménage. Tome 2 / , recueillies par ses amis. 3e édition, plus ample de moitié et plus correcte que les précédentes

Menagiana, ou Les bons mots et remarques critiques, historiques, morales et d'érudition de M. Ménage. Tome 2 / , recueillies par ses amis. 3e édition, plus ample de moitié et plus correcte que les précédentes -- 1715 -- livre

http://gallica.bnf.fr
c’est en effet un recueil d’anecdotes et de bons mots sur la société de l’époque et qui renferme au passage quantité de citations d’auteurs depuis oubliés mais qui sont, elles, bien choisies et souvent très finement humoristiques. Ce livre a eu un tel succès qu’un autre écrivain, nommé Jean Bernier écrivit un Anti-Menagiana que l’on peut trouver ici : 
Full text of "Anti-Menagiana ov l'on cherche ces bons mots, cette morale, ces pensees judicieuses, & tout ce que l'affiche du Menagiana nous a promis"

a m PERKINS LIBRARY Duke University Kare Dooks JUXJ_>XVi XXV J. Digitized by the Internet Archive in 2011 with funding from Duke University Libraries http://www.archive.org/details/antimenagianaovlOObern -? ' *ï Iv*/f jau '^b N*/*\*' MsiiL**~i teJU^ J*, 7 ANTI-MENAGIANA o b L'ON CHERCHE CES BONS MOTS, CETTE MORALE, CES PENSEES JUDICIEUSES Tout ce que l'Affiche.

https://archive.org