Ce journal doit tout à l’amitié et aux demandes insistantes de Patrick et de Lionel. Je le leur dédie donc…

 1 mai à Naples. Enfin, à 22 h 30 ce n’est pas vraiment une journée à Naples. Le temps de rencontrer le propriétaire, de visiter l’appartement et… Il ne me reste plus qu’à me coucher. L’appartement est dans un vieil  immeuble, au centre de la ville, Via Duomo en assez mauvais état vu de l’extérieur, il ouvre sur la rue par un grand portail qui donne sur une cour profonde et plutôt sombre d’où on n’aperçoit le ciel qu’en faisant un effort à la mode napolitaine. L’appartement, lui,, auquel on n’accède par une série de demi paliers, est immense et… mal foutu, certainement un appartement de grand-mère vaguement remis à neuf car les peintures sont impeccables. J’y suis seul, on pourrait y dormir à huit. Et entre les pièces qui donnent sur la cour et celles qui donnent sur la rue, c’est une enfilade étrange de couloirs, quatre chambres, une grande salle à manger. Vieux murs avec des fenêtre qui, des chambres donnent sur le couloir (est-ce un couloir, plutôt un escalier et deux couloirs à angle droit ?). Partout des volets extrêmement épais pour se protéger de la chaleur certainement car l’ensemble n’est pas très lumineux et pas conçu de façon moderne. Par exemple un interrupteur par pièce ce qui oblige à une progression deux pièces en avant une pièce en arrière si on veut éteindre ou allumer on parcourt ainsi deux ou trois fois l’ensemble avant de pouvoir tout éteindre. D’autant que j’ai longuement cherché l’unique interrupteur de la salle à manger avant d’enfin le découvrir caché derrière les feuilles d’un ficus. Je choisis la chambre la plus au fond car elle me semble la plus calme. Elle donne en effet sur un mur aveugle d’un immeuble à moins de trois mètres de la fenêtre. Cette rue, car c’en est une, est minuscule et je pense, ce que me prouvera la nuit, qu’il n’y passe pas beaucoup de véhicules et, de toutes façons, les volets en bois massif sont si épais qu’il faudrait les attaquer à la tronçonneuse. Chaque ville que je visite et donc chaque appartement que je loue constitue ainsi une série d’adaptations minuscules que je ne trouve pas dans les hôtels qui sont aujourd’hui bien standardisés. Ce n’est pas désagréable, au contraire.

Tout serait donc pour le mieux si le wifi qui m’avait été annoncé comme très rapide n’était pas en panne. Je peux me connecter, mais me connecter sur un modem qui ne fonctionne pas. Je pourrais m’en faire une raison si je n’avais pas promis de tenir ce journal car, ainsi il m’est impossible de poster quoi que ce soit. L’ami du propriétaire qui m’a reçu m’a promis que ça fonctionnerait demain. À suivre donc.