J’avais été tellement intéressé par le petit quartier que j’avais parcouru autour du Muséo d’Arte Contemporaneo en revenant du Templo di Debod » que j’ai décidé d’explorer la partie Nord de Madrid au-delà de la Gran Via que j’avais décidé, après ma piscine, d’aller explorer cette partie de la ville tout en sachant que de mon logement à la Plaza de Castilla, en suivant tout droit le passeo de Castellana il y a plus de six kilomètres. Ce n’est donc pas ainsi que j’avais décidé de faire d’autant que cette avenue est une espèce d’autoroute bruyante et sans charme. Je suis donc parti, après avoir visité les deux expositions peu passionnantes, photographie et Houdini, de la Fundacion Telefonica, d’abord par la rue très commerçante de Fuencarral que je connaissais déjà puis, très vite au hasard des petites rues. J’ai été très déçu, ou je ne suis pas tombé sur les bons itinéraires ou, plus certainement, ce quartier est sans charmes mais je n’ai rien vu qui attire mon regard. J’ai pourtant marché longtemps comme j’aime faire puis, à un moment j’ai senti que je commençais à me fatiguer. Il faut dire que, les deux kilomètres pour aller et revenir de ma piscine, plus les deux kilomètres de nage, plus cette longue marche, j’avais dû pousser le bouchon un peu loin, d’autant que, comme je veux tout voir, je ne marche pas très vite, que je suis sous calmant et antibiotique… Il m’arrive ainsi souvent de refuser de voir que je vieillis, je crois que c’est un peu le lot commun mais, ayant la chance d’être plutôt en bonne santé, bref… Vers 20 heures j’étais fatigué. Je décide donc de me reposer et, pour cela de manger dans le premier restaurant un peu sympathique que je trouverai. Pas facile. Dans ce quartier si on trouve beaucoup de bars à tapas, des pizzérias… peu de restaurants. Mais, à force de tourner j’ai fini par en trouver un, Calle Cardenal Cisneros, La Despensa. Repas correct : bacalao a la Riojana (dos de cabillaud, on pourrait dire à la provençale…). Quand j’en sors il est vingt et une heures. Je décide donc de retourner et, comme je ne veux plus traîner tout en ne prenant pas, par principe, un taxi, cédant à la modernité, je décide de m’aider de mon GPS, ce que je ne fais jamais. Il m’indique que je suis à 3 km 500 et qu’il me faut compter 35 mn de marche mais me dit que je dois prendre la rue dans la direction sud est. N’ayant pas de boussole, je prends au hasard une des deux directions possibles. Évidemment, c’est le mauvais sens, je retourne mais comme j’avance le nez sur mon GPS, je perds mes repères habituels. Tout d’un coup, alors que d’habitude j’ai un assez bon sens de l’orientation, je ne suis plus que ce point bleu qui avance sur une carte, hésite quand je ne trouve pas exactement la rue indiquée, vois un nouvel itinéraire se dessiner, tourne dans une rue qui me paraît sympathique et affole mon GPS qui propose d’autres itinéraires en gris, en bleu, plus ou moins longs. Bref je ne sais plus du tout où je suis. De plus mon GPS prononce les noms de rue avec un fort accent français ce qui fait que j’ai parfois du mal à les reconnaître. C’est donc assez paradoxal, je m’oriente beaucoup moins bien avec cet instrument qu’à l’instinct. J’ai mis plus d’une heure pour retrouver le quartier où je vis mais, même là, le GPS choisissant des itinéraires bizarres (les plus courts certainement), je ne les reconnaissais pas vraiment. Ce n’est qu’à environ cent mètres de ma porte que je me suis enfin retrouvé.