Il y avait bien trente ans, au moins, que je n’avais pas eu mal aux dents. Mais il n’y a apparemment pas d’âge pour les expériences négatives. Et bien voilà, c’est fait. Hier une lente montée des sensations négatives et cette nuit impossible de dormir. Il y a heureusement dans le quartier où je vis de nombreuses « clinica dental » très bien équipées. Elles (ce sont des femmes) m’ont pris en urgence : radio, abcès sous une molaire, antibiotique, calmant… J’espère que ça tiendra jusqu’à fin mai. Sinon…

Après cette surprise qui m’a pris un petit moment, marche à nouveau dans la ville, principalement vers le quartier San Isidro et la Plaza Mayor car c’est là, d’après le programme que tout se passe. L’atmosphère est festive, mais sans plus, la fête ne semble vraiment concerner que le quart sud-est de la ville. Ailleurs c’est comme d’habitude sauf qu’aujourd’hui, peu à peu, le soleil est revenu ce qui a fait refleurir la multitude des terrasses. Il est vrai que c’est aussi le week-end et que les madrilènes sortent beaucoup à ces moments-là. En résumé, je me suis amusé durant une heure à filmer les géants Plaza Mayor où ils pratiquent leurs danses rituelles. Beaucoup de gens, les enfants surtout, mais aussi quelques adultes ont revêtu des tenues madrilènes traditionnelles : robe longue de couleur vive à frou-frou pour les filles et châle sur la tête, petit gilet sur chemise blanche et casquette à petits carreaux bleus pour les garçons. Ensuite, danses madrilènes par des associations de danse sur cette même place où se succèderont dans la foulée de nombreux groupes musicaux de variété ou non. Ensuite petites rues vers l’église San Isidro et au passage visite de l’église épiscopale San Miguel— une des rares à avoir un décor intéressant — en tombant au passage sur des groupes musicaux divers, souvent à tendance folklorique. J’ai fait des vidéos de tout ça que j’ai mises sur Youtube pour ceux que ça pourrait intéresser. C’est toujours très agréable et le public s’agglutine et participe volontiers mais ce n’est quand même pas la folie qu’il peut y avoir dans d’autres villes lors des fêtes patronales. Les deux ambiances festives qui m’ont le plus intéressée, d’abord la petite procession religieuse qui part de l’église et parcourt le quartier, c’est une procession d’enfants tout à fait modeste et si en elle respecte certaines apparences, portement de présentoirs religieux, musique très aiguë, rythme lent et lancinant, elle n’a rien à voir avec la splendeur, la foule et la richesse des processions andalouses. Ensuite, l’atmosphère très associative et baba cool du grand marché Cebada où se tient le Nomada Market, un très grand ensemble de boutiques ethniques ou artisanales avec un curieux café à l’ambience très sympathique qui se situe entre la garderie pour enfants, les ateliers de dessin et le salon de coiffure. Il y avait là un groupe de musiciens, les Jingle Djanco, musiciens de rues qui mettaient une ambiance superbe. J’y suis resté un bon moment pour essayer de faire une vidéo, mais pas facile avec la foule et mon petit appareil photo.