Gran Via, un petit attroupement, deux policier devant une porte, des gens derrière la porte qui essaient de sortir, les policiers essaient d’entrer. C’est l’entrée d’une banque. Tout de suite viennent à l’esprit des images de séquestration, hold up, etc… Bref quelque chose de violent. On s’approche et on s’aperçoit que c’est une scène digne d’un film. Quelqu’un — un distrait, un farfelu, un fou, un original, un farceur, etc… ?— a attaché son vélo à la poignée de cette porte. La situation est cocasse, les policiers ne sont pas équipés pour couper l’antivol du vélo, apparemment les personnes à l’intérieur non plus. Les policiers photographient sur leur portable l’objet du délit et appellent au téléphone. Fin de l’incident. J’aurais bien aimé voir ce qui allait se passer, mais ça risque de durer un moment. L’attroupement se délite et nous nous partons vers le beau petit jardin Cervantès pour, comme tous les touristes, nous photographier devant les gigantesques statues équestres de bronze de don Quijote et de Sancho Pança. Puis le Palais Royal et retour par la calle Mayor avec un autre petit arrêt bière sur une des places qui côtoient le beau, mais très touristique, mercado San Miguel, joliment restauré et qui abrite nombre de petits bars-restaurants où déguster une spécialité espagnole. Le centre de Madrid n’est pas très grand et on se retrouve vite dans des lieux connus.

Le soir, nous mangeons, très bien à la Sistreria, un petit restaurant près de mon logement : jabon, calamares et vin de Ribera criança. Ça change de la Plazza Mayor.

Aujourd’hui, nous affrontons Le Prado, de la peinture à tous les étages, de la bonne à la géniale, c’est un Louvre bis où la file d’attente est très bien gérée et ne dure guère plus de dix minutes d’autant qu’il semble ne pas avoir les foules touristiques redoutées. De la peinture jusqu’à plus soif, depuis de splendide retables des quatorzièmes et quinzième siècle jusqu’à la peinture du dix neuvième. On sait en y entrant qu’il sera impossible de tout voir, on se fixe donc des buts à peu près précis Goya et son époque appelée « matière noire », jusqu’au Greco en passant par les Vélasquez, Ribera et Bosch, Sorolla. Quelques rares tableaux : les Ménines de Vélasquez, Le jardin des Délices de Bosch, Le sabbat des sorcières de Goya agglutinent un peu de foule et rendent difficile leur approche mais, dans l’ensemble, on peut vraiment voir ce qu’on a envie de voir. Mais, petit inconévnient pour moi, impossible de photographier, même sans flash. Dis comme ça, le parcours n’a lien de rien mais il nous a quand même pris deux heures et les reins, au rythme de la marche-arrêt muséale, souffrent d’où passage à la cafétéria, écourté, car ce lieu est vraiment trop bruyante. Étonnant quand on pense à la qualité d’organisation et d’exposition du musée. Est-ce fait exprès pour que les clients ne s’attardent pas ? Quoi qu’il en soit, une petite sieste est bien méritée.