Jeudi 29 septembre 2016

Plus que quinze jours. C’est encore ça mais j’ai l’impression de n’avoir fait qu’effleurer Rome. Bien que, par exemple, je sois allé une dizaine de fois dans les restaurants de Centocelle, je suis loin de les avoir tous essayés. En général on y mange bien, une cuisine correcte mais sans génie, copieuse, souvent trop copieuse mais à des prix bien moins élevés qu’à Paris. Bien sûr les pâtes sont merveilleuses et je n’ai pas encore essayé les pizzas. On en trouve à tous les coins de rue mais je ne suis pas un fanatique de ce plat. J’essaierai quand même.

Aujourd’hui j’avais une envie de civilisation… Ça ne m’arrive pas souvent. D’habitude je privilégie la promenade solitaire dans les lieux les plus improbables et je prends souvent à revers les villes dans lesquelles je m’installe quitte à marcher des heures dans quelque chose comme le vide urbain, ces lieux où les gens dorment mais n’habitent pas vraiment. Pourtant, malgré tout, je préfère la marche en ville à la marche en campagne, je m’y trouve davantage sollicité par mille détails que je ne trouve pas dans une nature à l’espace relativement fixe pour un marcheur. C’est pour cela que je privilégie le vélo qui fait avancer le paysage plus vite et en magnifie mieux les richesses. Mais bon, aujourd’hui, j’ai eu envie de marcher parmi mes semblables. Et quoi de tel pour cela que le centre ville. ? De la gare de Termini, je suis donc allé vers la piazza di Spagna, certainement un des lieux les plus fréquentés de Rome avec ses escaliers montant vers la belle église de la Trinité du Mont que je n’avais jamais pu visiter auparavant car elle était fermée. Aujourd’hui elle était ouverte, à moitié car elle est coupée en deux, la moitié seule étant accessible aux visiteurs. Dommage car on ne peut voir qu’une petite partie des fresques. Puis, après un coup d’œil à la curieuse « porte du monstre » du petit palais Zuccari, presque lèche vitrine, car je suis descendu par la très chic et très luxueuse Via Condotti où se trouve ce qui se fait de mieux en matière de modes, jusqu’à la Via del Corso. Que j’ai parcourue d’un bout à l’autre de la belle Piazza del Populo à la mussolinienne Piazza Venezia. Comme prévu, il y avait foule partout. Ça papote en toutes les langues connues et imaginables, ça selfie, ça consulte les cartes de Rome, ça — comme moi — photographie à tout va. Il faut reconnaître sur ce point que Rome, avec son ciel d’un bleu presque inaltérable et ses lignes d’horizon toujours découpées de coupoles, de tours, de palais, de colonnes, est extrêmement photogénique, les ocres des murs crépis et ceux des murs de brique offrent de très riches palettes qui flattent l’œil sans repos, la lumière est divine : c’est une ville pour peintres et ça devient parfois une ville pour chromos. J’ai donc pu constater à nouveau que le monde des autres existe bien. C’est plutôt rassurant même si, généralement, je m’en soucie guère (l’égoïsme que j’avouais il y a peu…).

Après environ cinq heures de marche dans cette foule, j’ai jugé que j’avais assez sacrifié aux rites humains. Donc retour, comme d’habitude : Piazza Venezia, Via Nazionale, Termini. Et avant de prendre le tram (au fait j’ai été un peu méchant à leur sujet, il n’y a maintenant presque que des rames neuves avec Wifi sur cette ligne) arrêt à côté de la Piazza della Republica où il y a un bon marché de livres et de DVD d’occasion. En fouillant un peu, on en trouve même en français.