Lundi 26 septembre 2016

Aujourd’hui j’ai décidé de traverser Rome et le Tibre pour aller jusqu’au Trastevere. Tram jusqu’à Termini, bus 40 jusqu’au Vatican, le reste, environ une demi heure à pied : une magnifique promenade sur la voie basse du Tibre transformée en voie piétonne et cycliste avec des vues imprenables sur les ponts. Plaisir de découvrir que les murs le long de ce fleuve n’ont pas été abandonnés à des taggeurs quelconques mais qu’il y a été élaboré une véritable fresque en grisaille racontant l’histoire de la ville. Ça vaut vraiment le coup d’œil même si, apparemment personne ne s’aperçoit de son existence. Quoi qu’il en soit cette promenade est un vrai plaisir car on y profite en plus de la fraicheur de l’eau et de celle de l’ombre. De temps en temps un vélo, de temps en temps un couple d’amoureux, ça change de la foule. Je remonte par le pont Sisto, celui qui donne sur le Trastevere et me promène un petit moment dans ce quartier dont la réputation est bien au-dessus de sa réalité. La première fois que j’y étais venu, j’avais été séduit mais je n’étais pas seul et nous y étions venus manger en soirée, ce qui change tout car c’est, dans toutes ses petites rues, un ensemble presque continu de petits restaurants assez bon marché mais dont je ne garantis pas la qualité n’y ayant rien consommé. Comme j’étais là, je me suis dit que c’était l’occasion d’aller voir les fresques célèbres notamment pour celles de Raphaël. J’y arrive à quatorze heures cinq : fermée, elle ferme à quatorze heures. Tous les jours alors qu’en face la villa Corsini reste ouverte jusqu’à dix huit heures : mystère de l’administration romaine. Je me résous donc à aller visiter la galerie de peinture de cette villa. J’avoue que je suis un peu saturé de ces accumulations de toile qui sont d’assez belle facture mais dont aucune ne montre une réelle force, aucune n’attire l’œil plus qu’une autre. On nage dans une indifférence luxueuse qui finit par dégoûter des musées. Je décide donc de faire à pied les quatre kilomètres qui me sépare de Termini et ne peux donc inviter de faire les lieux les plus connus de Rome : Campi dei Fiori où se vendent des échantillons de toutes les pâtes italiennes et des quantités de condiments, Piazza Navone aux trois fontaines toujours aussi belle mais d’où la boutique de livres anciens que j’aimais a disparu, la belle église Saint-Louis des Français aux draperies de marbre remarquables et surtout où trois magnifiques tableaux du Caravage réconcilient l’œil avec la peinture, le Quirinal et son entourage de marbres antiques, Santa Maria degli Angeli dont j’ai parlé il y a quelques jours. J’ai quand même fait un détour pour éviter l’inévitable (elle est indiquée pratiquement dans tout le centre de Roma) fontaine de Trévi qui est réellement magnifique mais où il faut réussir à se faufiler dans la densité d’une foule et éviter la menace des innombrables perches à selfies pour approcher. La perche à selfies est d’ailleurs incontestablement l’outil le plus présent à Rome. Il s’en vend partout à la sauvette et il est très frappant de voir que la grande majorité des visiteurs ne cherchent pas à garder un souvenir des lieux exceptionnels qu’ils visitent mais une généralement mauvaise photo de leur visage plus ou moins souriant devant un monument mal photographié et mal cadré. Et tout ça va aller sur twitter et Facebook !