Samedi 7 mai 2016

Ceci sera ma dernière page de Vienne, demain je voyage vers Fontainebleau et entre le temps d’aller à l’aéroport, l’attente inévitable, les voyages d’un point à l’autre, je vais bien devoir y consacrer la journée. Mon journal se poursuivra plus tard, dans une autre ville, mais je n’ai pas encore décidé laquelle. Le ciel s’est stabilisé sur bleu comme si le fait que je m’en aille avait quelques effets. On bâtit facilement des croyances sur de telles coïncidences car nous ne pouvons nous empêcher de penser que tout ce qui se passe est motivé quelque part.

À onze heures rencontre avec Elfriede et quelques amis de la soirée au café Wortner, tout près de chez elle, nous ne sommes que sept ce qui permet de discuter en jonglant avec les langues avec  peu tout le monde. Puis Elfriede emmène Razia, Khamid et moi pour une promenade dans la forêt viennoise, un coin charmant par ce temps, une clairière dans la forêt au bout d’un long chemin de terre qui mène au tout petit village de Füllenberg. Une tradition dans les petits villages autour de Vienne est que, soient les vignobles, soient les fermes tiennent certains jours de la semaine une table d’hôte où ils proposent de la cuisine faite avec leurs propres produits. Il n’y a donc pas un très grand choix de plats ou de gâteaux, mais ce sont des produits frais et des plats simples. Les autrichiens adorent ça et dès qu’il fait beau ils y vont, surtout les week-ends en famille ou entre amis. Ça se passe toujours simplement, je peux même dire « à la bonne franquette ». Ici nous étions dans ce qui s’appelle une Meierei (aucun dictionnaire consulté n’en propose de traduction) mais qui me fait penser aux mayens du Valais Suisse, souvent aujourd’hui transformés en annexes de montagne, ces petites cabanes où l’on rassemble le lait des alpages soit pour le transformer en crème ou en beurre, soit pour faire une première préparation des fromages. Je pense que ce lieu était autrefois destiné à cet usage. Il y avait une grande terrasse à l’ombre de trois gigantesques marronniers et nous y avons légèrement déjeuné avant de faire une petite marche dans une forêt assez dense où le soleil ruisselait par gouttes de feuilles en feuilles. La chaleur était presque lourde et des cumulus traversaient lentement le ciel en vol lents comme de gros cygnes tournant au-dessus d’un lac. Retour à Vienne. Je quitte mes amis pour aller préparer ma valise. Hélas…

Le soir nous nous retrouvons pour aller manger ensemble dans un autre restaurant qui, d’après Elfriede, a un jardin magnifique. C’est en effet le cas. Un jardin intérieur très agréable par cette chaleur et un restaurant autrichien où j'ai pris un Maibockragout, un ragoût de gibier (quel gibier ?), plat typiquement autrichien, ragoût et espèce de boulettes de pain et de lait auxquels ils ajoutent des canneberges, du chou rouge et une tranche d’orange. pas mauvais mais pas très raffiné non plus, une cuisine de campagne bien solide et, ici, les portions sont copieuses et moins chères qu’en France. C’était une bonne façon de terminer un séjour dans les rires et les discussions plurilingues.

Cette ville m’a enchanté cependant : adieu Vienne…