Samedi 30 avril 2016

Je me réveille sous un ciel bleu parfait et il n’y a pas le moindre souffle de vent, la journée s’annonce impériale. Dans le genre tout ou rien de la météo viennoise, aujourd’hui c’est tout. Une journée très chargée. J’avais promis de faire à Elfriede un repas « français » et comme elle va mieux, nous avons décidé que ce serait aujourd’hui à dîner. J’ai choisi un menu très simple : crème de betterave rouge à la menthe, côtelette de veau à la dijonnaise, crème au citron. Donc pas de problème, je vais chez elle vers onze heures pour faire des courses car le samedi tout ferme vers midi, on trouve tout mais… au supermarché ce qui ne me convient qu’à moitié. La viande notamment, pré-emballée est assez mal coupée. Je ferai avec.

Elle m’emmène ensuite dans une petite ville des environs de Vienne, Gugging, un magnifique trou de verdure où se construit un institut de recherche qui n’est pas notre but de visite. Il y a quelques années, Gugging était un centre psychiatrique et, un des médecins, a eu l’idée d’y fonder un musée d’art brut qui justifie notre visite. Nous y sommes restés deux heures. J’étais complètement fasciné par ces dessins et peintures. J’ai d’ailleurs pris près de deux cent photos tant j’avais envie de tout retenir, de tout revoir. L’éclairage des œuvres n’est pas génial, mais elles n’en sont pas moins extraordinaires de composition, de couleur, de forces. Ils y organisent des expositions temporaires. En ce moment ce sont des œuvres japonaises avec notamment un superbe céramiste japonais dont toutes les créations sont semées de pointes de céramiques mais… interdit de photographier les expositions temporaires. Ces artistes ont également peints les murs de deux bâtiments extérieurs au musée dont un où certains d’entre eux vivent.

Après ce choc visuel, nous allons, sur le chemin du retour, visiter un monastère augustin impérial du douzième siècle dans une petite ville sur le Danube fondée par Charlemagne, Klosterneuburg, un lieu splendide où des restes de bâtiments médiévaux se mêlent à des constructions de l’époque baroque. On peut aussi y venir par des trains de banlieue car elle n’est qu’à quatorze kilomètres de Vienne. Le monastère situé en altitude est en fait une petite ville dans la ville ce qui donne quelques panoramas intéressants malgré la végétation printanière des arbres qui en bouchent quelques uns. Il y a aussi des cafés et nous nous sommes reposés à la terrasse de celui du monastère, en plein soleil car la journée était vraiment splendide et je n’ai pu résister à ce que j’appelais une Käsertorte mais que les autrichiens appellent un Topfenstrudel, ce qui a été pour moi l’occasion de découvrir que la langue autrichienne n’est pas exactement la langue allemande et que beaucoup de termes varient de l’une à l’autre ce qui n’empêche pas, bien sûr, la compréhension mais qui, avec l’accent plus souple des autrichiens, signe très vite l’appartenance à l’une ou l’autre de ces deux nations. Même si mon maniement de l’allemand progresse, je n’en suis pourtant pas encore là.

Retour à Vienne, il faut que je me mette aux fourneaux. Je ne sais si toutes les cuisiens autrichiennes sont comme celle d’Elfriede  mais la sienne est quand même assez rudimentaire et je me débrouille comme je peux. Pas de four par exemple pour ma crème au citron qui, du coup, est un peu grumeleuse ; une poêle trop petite pour les côtes de veau… Un français un peu gourmet aurait tout de suite relevé les défauts mais Elfriede a trouvé tout excellent. Donc…