V_Palerme

4 novembre 2015

Hier soir j’ai, pour la deuxième fois, mangé dans un restaurant superbe et pas cher du tout qui se trouve dans mon quartier : le Gusti di Sicilia. C’est d’abord un magasin d’épicerie fine où on trouve les meilleurs produits siciliens, mais ils ont aussi un restaurant à l’étage. Premier plat, des pâtes délicieuses d’un type « fait maison » et, effectivement je n’en ai jamais vu ailleurs. Je n’ai pas pu le finir, trop copieux. Deuxième plat un superbe calamar al tartufo (aux truffes), une merveille, trop copieux aussi mais je me suis forcé avec deux verres d’un blanc superbe : 27,00 euros. Qui dit mieux ?

Aujourd’hui, je commence hélas mes adieux. Les premiers ont été pour la piscine. Il faudra qu’un jour je fasse un guide des piscines d’Europe tant les coutumes varient de l’une à l’autre et sont révélatrices d’un pays. Ici, par exemple, il y a bien des couloirs, mais ils ne sont pas organisés, chacun va où il veut. D’où de nombreux heurts mais, personne jamais ne s’excuse ni ne s’énerve. C’est comme ça… Ensuite comme le temps est superbe, une chaleur d’août parisien, flânerie de banc en banc et de terrasse en terrasse. Dans mon enfance mendoise, la ville avait un versant orienté au sud dont le nom Chaldecoste dit bien ce qu’il est. La coutume des hommes âgés, les jours de beau temps était de venir, de l'automne au printemps car les étés étaient trop chauds, s’asseoir, à flanc de colline, sur des bancs situés dans des endroits qu’on appelait des cagnards, terme provençal désignant un lieu ensoleillé à l’abri du vent. Enfant, nous passions avec nos mauvais vélo car c’était juste après la guerre et rien du confort moderne n’avait atteint la ville, peinant un peu pour monter les côtes et regardions d’un air amusé ces hommes dont l’habitude était de les appeler « père » : — tu as vu, le père Meynier discute avec le père Boyer, je croyais qu’ils étaient fâchés… Aujourd’hui, à soixante treize ans, je me surprends à faire comme eux dans les rues de Palerme cherchant les coins ensoleillés où lire à l’abri du vent. Ce n’est pas le moindre de mes paradoxes : je déteste la chaleur mais je recherche le soleil. Quand je marche au soleil, j’adore l’air de la mer qui, traversant mon léger pull de coton, lutte avec les sensations de chaleur sur ma peau. Au fond, rien n’a changé et si j’étais resté à Mende, j’irais sûrement m’asseoir de temps en temps dans un de ces cagnards si les bancs y existent encore. Ce dont je doute car il faut les entretenir et ça ne rapporte rien à la ville… De plus, j’ai bien l’impression que les vieux de la ville ont perdu cette habitude de rencontres pauvres et privilégient maintenant les cafés.

Je voulais aller visiter le palazzo Rizo, un des musées de peinture mais il est fermé le mercredi. J’avoue ne pas savoir encore quand un établissement ferme ou quand il ouvre. Pour les commerces, c’est simple, dans les quartiers ils ferment approximativement de treize à dix sept heures et le dimanche après midi. En centre ville, ils sont ouverts tous les jours jusqu’à vingt deux heures. En ce qui concerne les établissement culturels ou publics, j’ai l’impression que c’est chacun pour soi. Il faut donc, quand c’est possible, consulter Internet ou alors aller sur place. Si c’est fermé, ça fait toujours une promenade.