V_Palerme

14 octobre 2015

Tout d’abord, réglons deux points sur lesquels mes amis me taquinent :

1.Je n’ai pas de café favori : le plus près de chez moi, rue des prisons (ça ne s’invente pas), est un club de tifosi, exhibant ses grands drapeaux Ultra, et ne donne vraiment pas envie d’y aller. Je ne sais pas d’ailleurs si j’y serais accepté. Plein de gros bras hurleurs et tatoués que j’entends parfois éructer en chœur des champs style All Blacks. Ce n’est pas ma tasse de café. D’autre part, il y a des cafés partout et il est tellement agréable de s’y asseoir quand on a beaucoup marché. Le café italien est, comme on sait, une merveille : une gorgée d’expresso et l’on garde en bouche sa saveur pendant des heures ce qui m’évite, comme en France, d’avoir envie d’un autre café à peu près toutes les heures. J’ai définitivement adopté la café lungo tout aussi parfumé mais avec, un tout petit peu, plus d’eau.

2.Oui, après deux mois d’interruption, j’ai repris la piscine car je conçois mal d'être où que ce soit sans une telle installation à proximité. Un peu dur, mais enfin c’est dans ce dépassement de soi qu’est le plaisir. Chaque piscine est un microcosme dont les règles différent suivant les pays, ici, comme à Séville, chacun se déshabille au vu de tout le monde sans fausse pudeur. Par contre la circulation y est presque aussi anarchique qu’en ville où les piétons, sauf s’ils sont en groupes compacts, n’ont jamais la priorité même quand le feu est vert pour eux. Il faut faire extrêmement attention et, en même temps, si l’on veut traverser certaines artères, s’imposer dans le flot des véhicules quelle qu’en soit la taille d’autant que les adolescents ont beaucoup de scooters électriques absolument silencieux et dont le surgissement est souvent très surprenant. Je n’ai jamais compris non plus les « zona pedonale » des petites rues qui sont aussi fréquentées que celles qui ne sont pas piétonnes. De plus, dans la vieille ville, le stationnement est souvent tout à fait désordonné, souvent assuré par des gardiens qui s’en occupent et prélèvent leur dîme. Du coup, la plupart des trottoirs sont occupés et les véhicules s’entassent sur plusieurs rangées obligeant les passant à faire d’incessants parcours du combattant. Par contre les transports en commun sont nombreux, fréquents, faciles à comprendre et peu coûteux aussi quand je n’ai pas envie d’aller à pied d’un point à un autre parce que je connais le trajet, que les boutiques du centre sont toutes aussi internationales que dans n’importe quelle autre ville du monde, que je n’ai plus de plaisir à marcher longtemps entre les façades jansénistes des palazzi qui se ressemblent tous, je prends les bus ce qui me permet d’entendre de l’italien, langue dont je me délecte, parfois du sicilien, langue dont je ne comprends rien et quelques unes des autres langues du monde que je peux même pas identifier. Il est rare en effet de trouver des touristes dans les bus, si ce n’est les inévitables bus panoramiques pour City Tours. Généralement ils se déplacent en bande précédés d’un guide agitant un drapeau de telle ou telle nationalité ou un parapluie d’une couleur particulière. Personnellement j’adore de plus en plus les transports en commun. J’ai d’ailleurs déjà planifié d’aller en bus au centre de la Sicile, à Piazza Armelina, et en train à Catane et Agrigente. Je me réjouis de découvrir les paysages.