V_Se_ville

 

1 avril 2015

Quitter Paris où il fait une dizaine de degrés avec un vent froid mais cependant un ciel un peu lumineux. Attendre à Orly en essayant de ne pas pester contre les compagnies dites low-cost mais où le prix du kilo de bagage est le même que celui du voyageur, où il faut payer pour la réservation, pour les sandwiches, les boissons… Transavia… Et cette couleur affreuse des costumes des hôtesses qui dans leur vert criard ressemblent aux ouvreuses de cirque de mon enfance L’avion est vraiment devenu démocratique, c’est-à-dire que si chacun peut se l’offrir, on fait maintenant bien comprendre au voyageur qu’il n’est plus  un produit de luxe. Mais, bon, je ne vais pas loin : deux heures, moins de temps que pour faire Paris-Abbeville.

Séville, 19 heures, il fait trente degrés, le ciel est d’un bleu intense. Taxi, assez grand appartement tout neuf dans une petite rue du centre et la propriétaire s’étonne que je sois seul mais ses prix ne sont pas parisiens. La première impression en venant en taxi est que Séville est une petite ville avec beaucoup de petites rues aux maisons d’au plus deux étages, une ville très provinciale… mais ça reste à vérifier. J’ai faim, je cherche un restaurant. Ils n’ouvrent que vers 21 heures, je me contente de tapas. le climat dicte sa loi, les journées sont trop chaudes, seules les nuits sont supportables et nous ne sommes qu’en avril.

Ce que j’aime dans le voyage, c’est cela, la déstabilisation des habitudes. Nous sommes en Europe et pourtant. La petite place où je mange mes tapas avec une bière est pleine de gens, il y même les inévitables joueurs de guitare flamenca à une autre terrasse d’un café encore plus populaire que celui où je suis. Ils jouent pour eux, s’amusent entre eux : c’est la semaine sainte et la ville est en faite. Aujourd’hui, mardi, dix-huit processions religieuses qui s’étalent de 14 heures à deux heures du matin et durent jusqu’à trois heures trente. Un autre rythme de vie. Demain, mercredi, le même nombre et les mêmes horaires, jeudi, vendredi et samedi aussi tout ça se terminant par le dimanche de la résurrection… Autant dire que la ville ne dort pas et ne commence à vivre qu’à quatorze heures. J’ai décidé d’y aller doucement et de m’adapter gentiment. Donc, une soirée calme, il faut un sens pour passer de la respiration parisienne à la respiration sévillane. J’ai un mois devant moi et j’aime déguster lentement les choses.