V_Lisbonne

7 mai 2014

Lutte des nuages beaucoup plus nombreux qu’hier et du soleil dans la matinée. Il fait un peu plus frais. Les travaux continuent : je vais à la piscine au milieu des cris d’enfants laver mon cerveau des sentiments flottants qui l’encombrent. Juste avant de partir, quatre notes de flûte de Paon, une très longue et quatre très brèves comme une cascade qu’on entend venir de très loin dans la rue. C’est sur mon chemin : il s’agit d’un aiguiseur de couteaux et de ciseaux qui pousse sa meule sur son vélo. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu de petits métiers de cette sorte. Lisbonne par quelques aspects, certains magasins, ses petits métiers, les processions religieuses, me rappelle mon enfance en Lozère. Et cela aussi m’est bien agréable.

Quand je sors de la piscine, le soleil a triomphé, la chaleur remonte, implacable. Je vais chez moi déposer mon sac de piscine et me renseigne sur les travaux. Ils devraient se terminer samedi. Je décide de fuir et, comme me l’a conseillé mon ami Bernard, je pars deux jours à Evora qui sera de toutes façons bien mieux que les bruits du chantier. Avant cela je vais manger dans ma gargote. Pour le soir je reviendrai chez moi au calme : j’ai acheté des seiches que j’ai pris goût à nettoyer et préparer.

L’après-midi sera calme car je veux encore poursuivre mon apprentissage du farniente et, n’aurait été le chantier, je serais resté au calme, au frais, dans l’appartement faisant la sieste et écoutant tous les quart d’heures le tintement paisible des cloches. Je ne sais pas d’où sont celles que j’entends d’ici car San Vincente me paraît un peu loin, mais il est vrai qu’il y a aussi en hauteur Nostra Senhora da Graça qui domine le quartier. Il faudra que je vérifie. J’entends aussi de chez moi les cornes des paquebots qui sont pourtant assez loin, au port, sur le Tage. L’air étant très sec, les sons doivent porter.

J’ai repéré sur la carte de Lisbonne un grand parc, le Parque de Bela Vista, avec une station de métro. J’ai pensé que c’était idéal pour rêvasser. J’y vais et arrive dans un immense ensemble d’HLM — ou équivalent — où rien n’indique le parc. Mais j’aime bien ces imprévus qui m’obligent à parler portugais. Donc je me renseigne, le parc est au sommet d’une colline d’où on voit le Tage au loin mais… il faut marcher une bonne demi-heure ce qui, bien entendu, ne m’arrête pas (j’avais ma casquette). J’arrive au parc. Première porte, fermée. Deuxième porte, un gardien m’explique que la seule entrée n’est pas là. Il m’explique où. Autre vingt minutes de marche. J’arrive à l’entrée prévue, le parc est magnifique, de grands arbres sous lesquels un grand nombre d’hommes âgés du quartier jouent aux cartes mais la partie ouverte est minuscule alors que de là où je suis je vois un très grand parc très verdoyant avec manifestement plein de travaux. Renseignements pris, l’ensemble est fermé depuis le premier mai pour installer un grand festival de rock (Rock in Rio in Lisboa) qui aura lieu en juillet. Je peux en effet voir, au loin, une « Street of Rock » qui ressemble fortement à une rue anglaise. Peut-être en carton pâte. Impossible de voir d’où je suis.

Dommage… Cependant, en été, ce parc doit être très agréable… quand il est ouvert. Quant au farniente, c’est encore raté.